Les recherches ont abouti ce jeudi à la découverte d'ossements susceptibles d'être humains, à l'endroit indiqué par Cédric Jubillar, cinq ans et demi après la disparition de son épouse Delphine Jubillar. Les ossements, situés à une douzaine de kilomètres d'Albi (Tarn), doivent être analysés par l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale à Pontoise pour déterminer s'il s'agit des restes de l'infirmière de 33 ans, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020.
Des aveux actés par la justice
Mercredi, Cédric Jubillar a été entendu par la présidente de la cour d'assises au palais de justice de Toulouse, où il a reconnu avoir commis « un acte abominable », selon son avocat Pierre Debuisson. Extrait de la maison d'arrêt de Seysses à sa demande, il a fait pendant une heure et demie « des déclarations spontanées pour livrer la vérité de façon absolue », précisant les circonstances des faits et les fortes tensions au sein du couple, alors en instance de divorce.
« Il a été entendu par la présidente de la cour d'assises qui a acté ses aveux. M. Jubillar a indiqué précisément le lieu où il a déposé le corps », a confirmé Chantal Ferreira, première présidente de la cour d'appel de Toulouse. Ce changement de version avait commencé le 6 juillet, lorsque ses avocats avaient révélé un courrier dans lequel il reconnaissait pour la première fois sa « responsabilité » dans la mort de Delphine Jubillar. Condamné à 30 ans de réclusion en octobre par les assises du Tarn, il avait jusque-là toujours clamé son innocence.
Des ossements retrouvés, les fouilles se poursuivent
Le procureur général de la cour d'appel de Toulouse, Nicolas Jacquet, a confirmé que les ossements ont été découverts à l'endroit indiqué par Cédric Jubillar. Selon un avocat des parties civiles, deux fémurs figureraient parmi les éléments retrouvés. Jeudi après-midi, le lieutenant-colonel Stéphane Meyblum, commandant en second du groupement de gendarmerie du Tarn, a précisé que les fouilles se poursuivaient sur le site.
Pour expliquer ces années de dénégations, Pierre Debuisson décrit « un mensonge dans lequel il va s'enferrer, et duquel il aura beaucoup de mal à s'extirper », tout en évoquant « depuis le début, un besoin et une envie de parler ». Cédric Jubillar a également parlé de « l'élément déclencheur » qui aurait conduit à un « passage à l'acte irréfléchi ». Jusqu'à ses aveux, le dossier reposait sur un faisceau d'indices concordants, sans corps ni preuve formelle. Durant l'été 2025, une ancienne compagne avait toutefois rapporté aux enquêteurs qu'il lui avait confié avoir étranglé son épouse, avant de transporter puis de brûler son corps.
Soulagement pour les enfants, un procès incertain
Pour Laurent Boguet, avocat des enfants du couple, la découverte constitue un « soulagement » susceptible de permettre une sépulture, un deuil et d'apporter des réponses, notamment à Louis, qui avait six ans au moment de la disparition de sa mère. Les aveux « éclairent différemment le dossier », après « les tergiversations et les mensonges », estime-t-il. Ces nouveaux éléments rendent cependant incertaine la tenue du procès en appel, programmé à partir du 21 septembre devant la cour d'assises de Haute-Garonne. Les avocats de la défense jugent « impossible » qu'il se déroule comme prévu, une position partagée par l'avocat des enfants.



