Le nouveau tome des aventures de Gaston Lagaffe, « Des boum et des paf », paraît ce mercredi 21 octobre avec un tirage colossal d’1 million d’exemplaires. Delaf et Lewis Trondheim ont choisi de ne pas transplanter le célèbre antihéros dans notre monde contemporain, une décision qui s’avère tout à fait charmante, selon la critique de « BibliObs ».
Un antihéros résolument ancré dans les années 1960-1970
On le dit souvent taillé pour notre époque, car Gaston Lagaffe était un précurseur de la contestation. Il était écolo avant l’heure, bichonnant son chat, sa mouette et son poisson rouge, tout en polluant pas mal avec son vieux tacot. Avant les revendications légitimes de la Gen Z, il se jouait des contraintes de la future start-up nation : pas de cadences infernales, de productivisme, ni de présentéisme. L’entreprise était remise à sa juste place, un moment pénible à passer avant de savourer les vacances dans la verte campagne.
Mais aussi novateur qu’il soit, Gaston était surtout une créature des années 1960-1970, double viscéral de l’icône Franquin (1924-1997), jusque dans son inadaptation. C’est ce que viennent rappeler le dessinateur québécois Delaf et le scénariste Lewis Trondheim dans ce nouvel opus du gaffeur sachant gaffer.
Un choix éditorial qui séduit les nostalgiques
En assumant le côté désuet de leur personnage, les auteurs ont pris le parti de la fidélité à l’esprit d’origine. Cette approche, qui tranche avec les adaptations contemporaines, devrait plaire aux nostalgiques, mais aussi aux plus jeunes, comme en témoigne la planche issue du dernier album publiée par Dupuis.
Le tirage d’1 million d’exemplaires ramène l’événement à celui des sorties majeures de la bande dessinée, confirmant l’attachement du public à ce personnage emblématique. Le choix de ne pas moderniser Gaston apparaît ainsi comme un pari éditorial audacieux, mais visiblement payant.
Un succès attendu pour un retour aux sources
En restant fidèles à l’univers désuet de Franquin, Delaf et Lewis Trondheim offrent aux lecteurs un album qui célèbre l’esprit contestataire et l’insouciance d’une époque révolue. Ce retour aux sources, loin des réinterprétations contemporaines, pourrait bien être la clé de la réussite de ce nouveau tome.
Le pari est désormais de savoir si ce choix séduira un large public, au-delà des fans de la première heure. Avec un tirage d’1 million d’exemplaires, les éditions Dupuis misent sur un succès massif pour ce retour aux sources assumé.