Nîmes Métropole Jazz Festival : une 20e édition exceptionnelle
Jazz à Nîmes : une 20e édition exceptionnelle

Le Nîmes Métropole Jazz Festival a refermé ce week-end sa 20e édition avec un concert de clôture de Kenny Garrett, salué comme « étincelant ». Avec environ 10 000 entrées cumulées entre le In, le Off et les concerts associés, et un taux de fréquentation supérieur à 90 %, cette édition anniversaire a tenu toutes ses promesses, selon le directeur artistique Stéphane Kochoyan.

Une édition anniversaire riche et diverse

Interrogé par Midi Libre, Stéphane Kochoyan se dit « vraiment satisfait » de cette édition qui fêtait les 20 ans du festival. « Ce fut une édition vraiment exceptionnelle parce que tous les rendez-vous ont tenu leurs promesses », souligne-t-il. Il met en avant « une vraie diversité artistique » dans la programmation, « l’apanage du Nîmes Métropole Jazz Festival depuis sa création ». Parmi les temps forts, le concert de Thomas Enhco a offert « du Mozart », une rareté dans un festival de jazz. Les centenaires de John Coltrane et de Miles Davis ont également été célébrés lors des deux dernières soirées par Jowee Omicil, Ola Tunji et Kenny Garrett.

Une fréquentation stable et un public fidèle

Le public a répondu présent, avec environ 10 000 entrées, un chiffre stable par rapport aux autres années. « On est très satisfaits parce que le public était au rendez-vous », affirme Stéphane Kochoyan, précisant que le taux de fréquentation dépassait 90 % sur tous les concerts. Il se réjouit de pouvoir « refuser le moins de personnes possible » face à l’engouement suscité par le festival, les salles étant souvent complètes le soir même.

Le concert d’ouverture au Jardin de la Fontaine avec Nik West a été particulièrement plébiscité, avec environ 2 500 spectateurs, un record pour une ouverture. « Les gens ont adoré parce que c’était quelque chose de nouveau », explique le directeur artistique, soulignant qu’il s’agissait d’une grande nouveauté d’accueillir cette artiste pour la première fois à Nîmes. Le concert de clôture de Kenny Garrett a également été très apprécié, marquant « quarante ans d’histoire du jazz à Nîmes » : l’artiste avait joué dans les arènes en 1986, puis avait clôturé le premier festival en 2006, avant de refermer cette 20e édition en 2026.

Le jazz, une musique fédératrice mais sous-reconnue

Stéphane Kochoyan estime que Nîmes et le Gard, mais plus largement l’Occitanie, sont devenus une place forte du jazz en France. Il cite Marciac, Toulouse avec Jazz sur son 31, et Nîmes comme festivals majeurs de la région, sans oublier le Festival Radio France à Montpellier qui propose désormais beaucoup de jazz. Il souligne que le jazz attire un public culturel important et coûte « beaucoup moins cher » que d’autres productions, comparé à un opéra ou un spectacle symphonique.

Malgré cela, il déplore que « le jazz n’est pas assez reconnu par les institutions dans l’échiquier culturel », un combat qu’il mène depuis longtemps. Il rappelle que le jazz fait référence à des valeurs comme la liberté et qu’il puise ses racines dans la musique classique, le hip-hop ou la pop, ce qui en fait une musique « extrêmement fédératrice, extrêmement ouverte et extrêmement diversifiée ». C’est cette diversité qui explique, selon lui, le succès croissant du genre.

Cap sur la 21e édition

Pour la prochaine édition, la direction du festival souhaite augmenter le nombre de concerts du prologue, cette « mise en bouche musicale » proposée en début d’été. Mis en place depuis trois ans, ce dispositif pourrait être élargi. « On pourrait peut-être utiliser un peu plus la première quinzaine de septembre », confie Stéphane Kochoyan, afin de profiter des températures clémentes et des lieux en plein air pour continuer à innover en matière de scènes atypiques.