Angoulême : un conflit judiciaire menace la création d'un nouveau festival de BD
Conflit judiciaire sur un nouveau festival de BD à Angoulême

Angoulême au cœur d'une bataille judiciaire pour l'avenir de son festival de bande dessinée

Le tribunal judiciaire d'Angoulême, dans la Charente, a été saisi d'une demande visant à mettre un terme aux démarches pour créer un nouveau festival de bande dessinée dans la ville en 2027. Cette action en justice, révélée par une assignation consultée mercredi 25 février, chiffre à 300 000 euros le préjudice subi par les organisateurs historiques de l'événement.

Une action lancée par les détenteurs historiques des droits

La procédure pour parasitisme et concurrence déloyale a été initiée par l'association FIBD, qui détient les droits du festival depuis sa création en 1974, et la société 9e Art+, responsable de son organisation depuis 2007. Cette dernière a fait l'objet de critiques de la part d'une grande partie du monde de la bande dessinée, notamment après l'annulation inédite de l'édition 2026 en raison d'un boycott des auteurs.

Les requérants ciblent l'Association pour le développement de la bande dessinée à Angoulême (ADBDA), une structure regroupant des financeurs publics, tels que l'État et les collectivités locales, ainsi que des professionnels du secteur. L'ADBDA a lancé un appel à projets en janvier afin de sélectionner un nouvel organisateur pour 2027, une initiative qui a déclenché cette action judiciaire.

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Des accusations d'appropriation brutale et de copie servile

Selon l'assignation en référé, l'ADBDA est accusée de chercher à récupérer à son profit le festival en copiant servilement le modèle mis en œuvre par 9e Art+. Les requérants dénoncent une appropriation brutale et demandent au tribunal de faire cesser ce qu'ils qualifient de trouble manifestement illicite.

Ils exigent l'annulation de l'appel à projets lancé le 9 janvier et l'interdiction de tout acte tendant à l'organisation d'un événement alternatif en 2027. Cette interdiction serait assortie d'une astreinte de 1 000 euros par infraction constatée.

Une audience prévue et des dommages et intérêts réclamés

L'ADBDA a été citée à comparaître le 18 mars à 9 h 30 au tribunal d'Angoulême. Contactée par l'Agence France-Presse, l'association a affirmé ne pas avoir connaissance de cette action en justice au moment de la révélation de l'assignation.

Par ailleurs, les requérants réclament le paiement provisionnel de 300 000 euros de dommages et intérêts pour réparer le préjudice subi. Cette somme serait répartie avec 250 000 euros versés à 9e Art+ et le reliquat à l'association FIBD.

Ce conflit judiciaire soulève des questions cruciales sur l'avenir du festival de bande dessinée d'Angoulême, un événement emblématique du paysage culturel français, alors que la ville cherche à tourner la page après les crises récentes.

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