Le Cambodge a annoncé, vendredi 14 août 2026, qu'il reprendra l'an prochain ses exercices militaires conjoints avec les États-Unis, après dix ans d'interruption. Cette décision, rapportée par le ministère de la Défense cambodgien, marque un tournant dans les relations entre les deux pays, alors que Phnom Penh s'était rapproché de la Chine ces dernières années.
Une reprise après une décennie de pause
Les exercices militaires conjoints entre le Cambodge et les États-Unis avaient été suspendus en 2017. Le gouvernement cambodgien avait alors justifié cette interruption par des contraintes budgétaires et logistiques, mais les observateurs y voyaient un signe du rapprochement avec Pékin. Depuis, la Chine est devenue le principal partenaire économique et militaire du Cambodge, finançant notamment la construction de bases navales et d'infrastructures portuaires.
Selon le ministère de la Défense cambodgien, la reprise de ces exercices s'inscrit dans le cadre d'une volonté de diversification des partenariats militaires. « Nous souhaitons maintenir des relations équilibrées avec toutes les grandes puissances », a déclaré un porte-parole du ministère, cité par l'agence de presse officielle cambodgienne. Aucune date précise ni lieu n'a encore été communiqué pour ces manœuvres, qui devraient se dérouler en 2027.
Un rééquilibrage stratégique face à la Chine
Cette annonce intervient dans un contexte régional tendu. Le Cambodge, membre de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN), cherche à éviter une dépendance excessive à l'égard de la Chine, tout en maintenant des liens étroits avec Pékin. Les États-Unis, de leur côté, multiplient les initiatives pour renforcer leur présence dans la région Indo-Pacifique, face à l'influence grandissante de la Chine.
Les exercices conjoints reprendront sous une forme qui reste à définir, mais ils devraient inclure des formations sur la sécurité maritime et la lutte contre le terrorisme, selon des sources proches du dossier. Le Cambodge a également annoncé son intention de participer à davantage d'exercices multilatéraux dans la région, comme les manœuvres organisées par l'ASEAN.
Des implications pour l'équilibre régional
Cette décision pourrait avoir des répercussions sur l'équilibre des forces en Asie du Sud-Est. Elle intervient alors que la Chine a renforcé sa présence militaire au Cambodge, notamment avec la construction d'une base navale dans le golfe de Thaïlande, ce que Phnom Penh a toujours présenté comme un simple projet de coopération.
Les États-Unis ont salué cette annonce, y voyant un signe d'ouverture. « Nous nous réjouissons de cette reprise et nous sommes prêts à travailler avec le Cambodge pour renforcer notre coopération en matière de défense », a déclaré un responsable du département d'État américain, sous couvert d'anonymat. Les modalités pratiques des exercices devraient être discutées lors de rencontres bilatérales dans les prochains mois.
Cette évolution marque un rééquilibrage des alliances du Cambodge, qui cherche à préserver sa souveraineté tout en bénéficiant des avantages économiques de la coopération avec la Chine. Les exercices conjoints avec les États-Unis, prévus pour 2027, constitueront un test de la capacité de Phnom Penh à jongler entre les grandes puissances.



