Le cinéaste Vincent Dieutre est mort à l'âge de 65 ans, a annoncé sa famille à l'Agence France-Presse, mardi 11 août. Figure discrète mais respectée du cinéma indépendant français, il laisse une œuvre marquée par une quête obstinée des liens entre l'intime et le monde.
Un cinéaste de l'intime et du monde
Né en 1960 à Rouen, Vincent Dieutre a construit une filmographie singulière, à la croisée du documentaire et de la fiction. Ses films, souvent tournés en première personne, mêlent récits personnels, réflexions sur l'art et engagements politiques. Il a notamment réalisé Leçons de ténèbres (2000), Fragments sur la grâce (2006) ou encore Orlando, ma biographie politique (2023), qui a reçu un accueil critique enthousiaste.
Un artiste engagé et prolifique
Outre ses longs métrages, Vincent Dieutre a signé de nombreux courts métrages et installations vidéo, présentés dans des festivals et des musées à travers le monde. Il était également professeur de cinéma à l'université Paris-VIII, où il a influencé plusieurs générations d'étudiants. Proche de figures comme Jean-Louis Comolli ou Nicole Brenez, il a toujours défendu un cinéma de recherche, loin des circuits commerciaux.
Une œuvre qui interroge les liens
Sa mort survient alors qu'il préparait un nouveau projet, selon ses proches. Son travail, qui a souvent exploré les thèmes de la mémoire, de la transmission et de la marginalité, laisse une trace durable dans le paysage du cinéma d'auteur français. Les hommages commencent à affluer sur les réseaux sociaux, saluant un homme "d'une exigence rare" et "un cinéaste de l'entre-deux", selon les mots d'un de ses anciens étudiants.
La famille a indiqué que les funérailles auront lieu dans la plus stricte intimité. Une rétrospective de son œuvre est envisagée dans plusieurs cinémathèques, afin de permettre au public de redécouvrir un artiste dont l'œuvre reste à explorer.



