Kazuki Yamada quitte le Philharmonique de Monte-Carlo après dix ans
Kazuki Yamada quitte le Philharmonique de Monte-Carlo

Ce jeudi soir, dans la cour du Palais princier à Monaco, Kazuki Yamada dirigera son dernier concert à la tête de l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo. Au programme : le Deuxième Concerto de Liszt avec le pianiste Alexandre Kantorow, une transcription orchestrale d'un quatuor de Ravel et la somptueuse Valse de Ravel. Un adieu en musique, après dix ans de direction.

Une décision mûrie lors d'une tournée au Japon

Kazuki Yamada, 47 ans, a annoncé son départ avec une franchise désarmante. L'idée a germé en 2024, lors d'une tournée au Japon avec l'orchestre. « J'étais fier d'amener "mon" orchestre dans mon pays natal. Ce soir-là, alors que je dirigeais la Symphonie fantastique de Berlioz, j'étais dans une sorte d'"état de grâce". L'orchestre jouait merveilleusement. J'avais l'impression d'être à la tête du plus bel orchestre du monde ! Je me suis alors dit que j'étais arrivé au summum de ce que je pouvais faire avec lui. Que je ne pourrais pas faire mieux. Et donc qu'il était temps de partir ! »

Cette décision, il l'a prise seul, mais elle semble logique pour un artiste qui a toujours cherché à se dépasser. Arrivé en 2016, à 37 ans, il était un inconnu pour le public monégasque. Il s'est imposé rapidement grâce à sa jeunesse, son élégance et son dynamisme. Sa silhouette légère et sa façon de vivre la musique avec tout son corps ont marqué les esprits.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un chef polyvalent et exigeant

Sa principale force : une polyvalence rare. Il s'est montré aussi à l'aise dans le classicisme que dans le romantisme ou la musique moderne. « La façon d'être aussi bon dans tous les répertoires du concert, de l'opéra et du ballet. Car nous ne faisons pas que du concert. Nous accompagnons aussi l'art lyrique et la danse », explique-t-il. Cette polyvalence lui a permis de programmer des saisons passionnantes, avec des solistes et des chefs de premier ordre, aidé par son délégué artistique Didier de Cottignies.

En dix ans, il a donné au Philharmonique une lumière faite d'élan, de délicatesse et d'exigence. Ses concerts ont été salués par la critique et le public. Il a notamment dirigé l'opéra Pelléas et Mélisande de Debussy, un moment fort de sa carrière monégasque. Il a aussi dirigé devant le pape, au stade Louis II, en mars dernier. Et il a réalisé la tournée au Japon en 2024, qui a été un déclencheur.

Des regrets et des projets

Interrogé sur ses regrets, Kazuki Yamada confie : « Ne pas avoir dirigé le Sacre du Printemps de Stravinsky. » Une œuvre qu'il aurait aimé aborder avec cet orchestre. Mais il se console avec son programme d'adieu. « Pourquoi avoir choisi la Valse de Ravel ? Parce que c'est l'une des œuvres les plus brillantes du répertoire orchestral et l'une de mes préférées. Elle représente beaucoup pour moi. C'est avec elle que j'ai achevé mes études de direction d'orchestre au Japon. Or, en dix ans, je ne l'ai jamais dirigée à Monaco ! Elle a toujours été dirigée par des chefs que j'ai invités, mais pas par moi. Ce sera donc une première ! »

Le concert débutera avec une curiosité : la transcription pour orchestre du quatuor à cordes de Ravel, réalisée par Giancarlo Caramello, compositeur résident monégasque, ancien professeur de composition au conservatoire de Rome et lauréat en 1962 du Prix international de composition Rainier III de Monaco. Une orchestration audacieuse, sans aucun instrument à cordes, avec vents, percussions, harpe, piano et même clavecin. « Ce sera un défi, une prouesse d'orchestration », souligne Yamada.

L'avenir à Birmingham et Berlin

Kazuki Yamada ne s'éloigne pas complètement de Monaco. Il dirigera deux orchestres, à Birmingham et à Berlin. Et il pourrait revenir comme chef invité dès l'été prochain pour les concerts du Palais princier. Une porte reste ouverte, pour le plus grand plaisir des mélomanes monégasques.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale