Face à l'invasion du moustique tigre, le Parc naturel régional des Grands Causses déconseille formellement l'introduction de poissons rouges ou de gambusies dans les mares, lavognes ou bassins. Selon l'organisme, cette pratique, souvent perçue comme une solution naturelle, est non seulement peu efficace mais également néfaste pour la biodiversité.
Une idée séduisante mais contre-productive
L'image est tentante : un poisson qui dévore les larves de moustiques et débarrasse naturellement le plan d'eau. Pourtant, explique le PNR, une mare en bon état écologique possède déjà ses propres alliés. Parmi eux figurent les larves de libellules, les notonectes, les dytiques, les tritons, les gerris, sans oublier les hirondelles et les chauves-souris lorsque les insectes prennent leur envol. Toute une chaîne de prédateurs participe naturellement à la régulation des populations de moustiques.
Les gambusies, une espèce envahissante
Introduire des poissons bouleverse cet équilibre fragile. Les gambusies, souvent présentées comme une solution biologique, sont même considérées comme une espèce exotique envahissante. Très opportunistes, elles ne se contentent pas de consommer des larves de moustiques ; elles s'attaquent également aux œufs d'amphibiens, aux têtards, aux larves de libellules et à de nombreux invertébrés aquatiques, comme le confirment les observations. Autrement dit, elles éliminent précisément les espèces qui assuraient déjà ce rôle de régulation, avec à terme un résultat potentiellement inverse à celui recherché.
Préserver la biodiversité pour une lutte durable
En appauvrissant la biodiversité de la mare, l'introduction de poissons fragilise le fonctionnement naturel de l'écosystème, sans réduire durablement la présence du moustique tigre. Ce dernier pond majoritairement dans de petits contenants artificiels – soucoupes de pots de fleurs, récupérateurs d'eau, gouttières ou seaux – où aucun poisson ne pourra jamais intervenir.
Le Parc naturel régional des Grands Causses invite donc à privilégier une autre approche : préserver les mares, maintenir une végétation aquatique diversifiée, éviter les traitements chimiques et favoriser les habitats des prédateurs naturels. Une stratégie qui s'inscrit dans une logique de long terme, respectueuse de l'environnement et réellement efficace contre la prolifération du moustique tigre.



