La Coordination rurale (CR) relance le débat sur les bassines. Par la voix de son président Bertrand Venteau, le syndicat agricole appelle les exploitants à « creuser » pour « faire des lacs », après un nouvel été de sécheresse. « Que ce soit légal ou pas, il est possible qu’on passe l’automne et l’hiver à creuser des "réserves collinaires" », a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par le média d'origine.
Un appel à la désobéissance face aux restrictions
Ces points d’eau artificiels, également appelés « réserves de substitution » ou « bassines », sont au cœur d’une stratégie de contestation. Cet été, la CR avait déjà demandé aux agriculteurs de ne pas respecter les interdictions et restrictions d’irrigation prises face à la sécheresse. Le syndicat, deuxième organisation agricole du pays derrière la FNSEA, revendique 20 000 adhérents.
Cette position intervient alors que la loi d’urgence agricole, adoptée au Parlement et validée cet été par le Conseil constitutionnel, comprend plusieurs mesures visant à faciliter la construction d’ouvrages de stockage d’eau pour l’agriculture, y compris en zones humides. Le texte prévoit également de doubler les volumes stockés d’ici 2035.
Des manifestations annoncées pour l'hiver
Bertrand Venteau prévient qu’il y aura « certainement » une « quatrième année de mobilisation » et de nouvelles manifestations cet hiver. Lundi, 200 agriculteurs se sont rassemblés à Rodez pour protester contre la hausse des prix des carburants, à l’appel de la CR Aveyron. Ils ont déversé des pneus devant le centre des finances publiques et déposé deux radars routiers arrachés sur les routes du département.
Le président de la CR doit rencontrer ce mardi le Premier ministre Sébastien Lecornu, lequel reçoit l’un après l’autre tous les responsables des syndicats agricoles. Il lui présentera deux demandes prioritaires : des aides supplémentaires pour affronter la flambée du gazole, et des détails sur la réorientation vers l’agriculture des économies réalisées dans d’autres ministères, promises pour le prochain budget.
Des pertes estimées à 10 milliards d'euros
Quant au plan d’aide aux exploitants pour continuer la production, après les canicules et la sécheresse, présenté par le gouvernement début septembre, son montant d’un milliard est « loin des pertes ». François Walraet, secrétaire général de la CR, les estime à 10 milliards d’euros. Un chiffre encore provisoire alors que la sécheresse se poursuit en septembre dans nombre de régions.
Le syndicat demande, entre autres, la distribution par avance des aides de la PAC (politique agricole commune européenne) et des prêts à taux zéro. Il appelle aussi à réduire les dépenses publiques, de l’État et des collectivités, ainsi que les coûts des interprofessions et de différents organismes, pour rediriger cet argent vers l’agriculture.



