Le chantier de « La Toupie », nouvelle Folie architecturale de 1 000 m², a débuté à Montpellier. Ce bâtiment hybride en bois et béton de 19 mètres de haut sera livré en mai 2027 dans le quartier Nouveau Saint-Roch.
Une « folie collective » portée par six PME
Au croisement des rues Albert-Leenhardt et du Grand-Saint-Jean, la Toupie, désignée « coup de cœur » du jury des Folies architecturales du XXIe siècle, a été présentée vendredi 10 juillet, quelques semaines après le lancement du chantier. Haut de 19 mètres, la Toupie – pour représenter « le mouvement du lieu et son ancrage local très fin » – doit être livrée en mai 2027.
Sa particularité ? Une opération d’autopromotion, sans grand promoteur, portée exclusivement par six entreprises montpelliéraines – Teritéo, La Strada, Coloco, Studio Jaouen, Agatte et TLA – qui occuperont et géreront les lieux. « Une folie collective », résument les six structures. « Ce seront six PME, représentant 45 personnes, spécialisées dans les métiers de la ville, réunies au sein d’un même bâtiment. Nous voulons créer un véritable pôle de compétences autour de ces métiers », explique Florian Cezard, de l’agence Agatte.
Un tiers-lieu hybride avec café et rooftop
L’autre ambition est d’en faire un tiers-lieu hybride, implanté au cœur de la ZAC Nouveau Saint-Roch. Au rez-de-chaussée, un café ouvert sur la rue constituera le cœur du projet. Pensé comme un espace modulable, il accueillera des rencontres, des expositions, des conférences, des événements culturels ainsi que des actions d’éducation populaire. Une terrasse est également prévue sur le parvis. « Les espaces seront ouverts aux associations », précise l’architecte Thomas Landemaine.
Le bâtiment développera environ 1 000 m² de surface de plancher répartis sur plusieurs niveaux. Les trois étages intermédiaires accueilleront chacun près de 200 m² de bureaux partagés. Le dernier niveau sera consacré aux espaces communs, aux salles de réunion et de formation, ainsi qu’à l’accompagnement et à l’incubation de projets liés aux transitions urbaines. Un rooftop d’environ 100 m² viendra compléter l’ensemble.
Un bâtiment sans climatisation, isolé en paille
La dimension environnementale occupe une place centrale dans le projet. L’immeuble a notamment été conçu sans système de climatisation. Un choix pleinement assumé par Thomas Landemaine. « Nous y parvenons grâce à une construction mixte bois-béton. Le béton apporte de l’inertie au bâtiment, tandis que le bois améliore son bilan carbone. L’isolation sera réalisée en paille, un matériau exceptionnel capable de stocker du carbone », détaille le représentant de TLA Architectes, chargé de la conception du projet.
Un élément, en revanche, restera inchangé : un mur datant du XVIIe siècle sera conservé. Après l’installation du restaurant Muse au pied du Higher Roch et l’arrivée de plusieurs commerces le long de la rue François-Coulet, le quartier Nouveau Saint-Roch poursuit sa transformation avec l’ouverture prochaine de ce nouveau lieu de vie. « Ce bâtiment est très représentatif de ce que nous voulons développer ici, estime Laurent Nison, adjoint à l’urbanisme. Il va favoriser les échanges, le partage et créer une nouvelle dynamique. Un quartier de gare n’est jamais simple à faire vivre, mais nous travaillons depuis plusieurs années à le rééquilibrer. »



