La permanence du Parti communiste français (PCF) à Grasse a inauguré, samedi 5 septembre 2026, une exposition consacrée à l'architecte brésilien Oscar Niemeyer, à l'occasion de sa rentrée politique. L'événement met en lumière le vaste projet urbanistique que Niemeyer avait conçu pour la cité des parfums dans les années 1960, un projet resté à l'état de dessins préparatoires.
Un projet visionnaire jamais réalisé
Depuis cinquante ans, la section grassoise du PCF occupe la place de la Poissonnerie, en plein centre-ville. Il y a soixante ans, Oscar Niemeyer, architecte mondialement connu et membre du Parti communiste, avait dessiné la « Zone à urbaniser en priorité » (ZUP) prévue sur le plateau Napoléon. Ce projet devait transformer la ville de Grasse, mais il n'a jamais été construit.
« Un projet d'envergure qui, contrairement au siège [du PCF] de la place du Colonel-Fabien, à Paris, n'a malheureusement jamais été construit », regrette l'architecte Didier Campana, qui a présenté l'exposition lors de la rentrée politique du parti. Les plaquettes affichées sur les murs rénovés du local retracent toute la vie du moderniste, décédé en 2012 à l'âge de 104 ans, qui s'est illustré aux côtés de grands noms comme Le Corbusier, mais avec sa propre touche : « Là où d'autres ne juraient que par la ligne droite, les angles stricts et les volumes purement rationnels, Niemeyer a introduit la courbe. »
L'ambition d'une ville nouvelle de 53 hectares
L'exposition présente également l'ensemble de son travail, du Congrès national du Brésil à la Bourse du travail de Bobigny, en passant par la Maison de la culture du Havre, surnommée « Le Volcan ». Les croquis de l'éphémère ZUP, abrogée en 1972, sont aussi visibles. Son abandon est imputé « à des difficultés administratives, politiques, programmatiques et financières ».
En 1966, lorsqu'il est nommé à la tête de cet aménagement, Niemeyer imagine « une véritable ville nouvelle de 53 hectares, comprenant environ 2 000 logements, mais surtout des écoles, des crèches, des commerces, des centres culturels… », décrit Didier Campana, qui y voit une « ambition extraordinaire ». Cette ambition est aujourd'hui explorable gratuitement par les visiteurs, chaque samedi matin de 10 h 30 à 12 h 30, pendant un mois, au sein de la permanence du PCF.
Une cité idéale étonnamment moderne
Didier Campana conclut : « Niemeyer n'a pas certes construit d'immeubles, mais il nous a laissé le projet d'une cité idéale étonnamment moderne. » L'exposition offre ainsi une plongée dans l'histoire urbaine de Grasse et dans l'imaginaire d'un des plus grands architectes du XXe siècle, dont l'œuvre continue d'inspirer.



