« À voix haute » de Polina Panassenko : un retour à Moscou hanté par l'URSS
« À voix haute » : l'URSS fantôme de Polina Panassenko

Le nouveau roman de Polina Panassenko, À voix haute, publié le 30 août 2026, est salué par la critique comme un « épatant » récit de retour à Moscou, sur les traces des « sombres fantômes de l'URSS ». L'ouvrage, qui paraît aux éditions de l'Olivier, s'inscrit dans la continuité de son précédent succès, Tenir sa langue, tout en explorant un territoire plus intime et plus politique.

Un retour aux sources douloureux

Le roman suit la narratrice, une femme d'origine russe installée en France, qui décide de retourner à Moscou après plusieurs années d'absence. Ce voyage n'est pas une simple visite touristique : il s'agit d'un pèlerinage personnel sur les lieux de son enfance, mais aussi d'une plongée dans l'histoire familiale, marquée par la répression soviétique. Polina Panassenko, qui a elle-même grandi entre la Russie et la France, tisse un récit où chaque rue, chaque appartement, chaque objet réveille des souvenirs enfouis.

Le titre À voix haute fait référence à la manière dont les souvenirs et les non-dits finissent par émerger, non plus chuchotés mais clamés. L'autrice explore la difficulté de parler de l'URSS, un régime qui a laissé des traces profondes dans les familles, même celles qui ont émigré. Le roman aborde des thèmes comme la mémoire, l'exil, la langue et la transmission, avec une sensibilité rare.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une écriture au plus près des sensations

La critique du Monde souligne la qualité d'écriture de Polina Panassenko, qui « épatant » par sa capacité à rendre palpable l'atmosphère de Moscou, entre nostalgie et étrangeté. L'autrice utilise une langue précise, parfois poétique, pour décrire les lieux et les émotions. Elle parvient à faire ressentir au lecteur le décalage entre la ville qu'elle a connue et celle qu'elle redécouvre, transformée par les années et par l'histoire.

Le roman est également salué pour sa construction habile, qui alterne entre le présent du voyage et les retours en arrière, entre les scènes de vie quotidienne et les évocations historiques. Cette structure permet de maintenir une tension narrative tout en offrant une réflexion profonde sur la manière dont le passé s'inscrit dans le présent.

Un roman qui résonne avec l'actualité

Au-delà de son intérêt littéraire, À voix haute prend une résonance particulière dans le contexte actuel, marqué par la guerre en Ukraine et les tensions entre la Russie et l'Occident. Le roman de Polina Panassenko rappelle que l'histoire soviétique continue de hanter les mémoires et de façonner les identités. Il interroge la possibilité d'un dialogue avec ce passé, sans complaisance ni rejet.

Polina Panassenko, née à Moscou et installée en France, a déjà été remarquée pour son premier roman Tenir sa langue, qui racontait son expérience de la double culture. Avec À voix haute, elle confirme son talent de romancière et son engagement à explorer les zones d'ombre de l'histoire familiale et collective.

Le roman est disponible en librairie depuis le 30 août 2026. Il devrait susciter de nombreuses discussions, tant par sa qualité littéraire que par les questions qu'il soulève sur la mémoire et l'exil.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale