La plateforme de rencontres libertines Wyylde se retrouve au centre d'une affaire criminelle d'une rare violence. Selon une enquête du journal Le Monde, c'est sur ce site que Christophe B., alias "Prêteur33", recrutait des hommes pour violer collectivement ses compagnes, diffusant même les vidéos en direct. Le parquet de Paris a ouvert une enquête visant la société éditrice, Koala Interactive, pour complicité et abstention d'empêcher un crime.
Une plateforme au service de l'horreur
Christophe B., né en 1969, est accusé d'avoir organisé des "soirées spermiques" à son domicile en Gironde, où des hommes payaient pour violer ses compagnes sous l'emprise de la drogue ou de l'alcool. Les vidéos étaient filmées et diffusées en direct sur Wyylde. Au total, 19 hommes sont mis en examen, six victimes identifiées. Le procureur de Bordeaux, Renaud Gaudeul, a évoqué "des hurlements de douleur" caractéristiques de l'absence de consentement.
Wyylde, un réseau social libertin en pleine croissance
Créé en 2004 sous le nom Netechangisme.com, Wyylde revendique 7 millions d'utilisateurs inscrits et 700 000 visiteurs quotidiens. Présent dans une trentaine de pays, il se classe parmi les sites les plus consultés en France. Sa campagne publicitaire dans le métro parisien vante une "communauté inclusive et bienveillante". Pourtant, selon Le Monde, la modération y est faible, permettant la prolifération de contenus illicites.
Les chefs d'accusation retenus contre la plateforme
Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "fourniture d'une plateforme en ligne pour permettre une transaction illicite en bande organisée", "complicité de diffusion d'enregistrement d'images relatives à une atteinte à l'intégrité de la personne", "abstention volontaire d'empêcher un crime" et "participation à une association de malfaiteurs". La plateforme est soupçonnée d'avoir sciemment permis ces actes.
La réaction de Wyylde
Contactée par l'AFP, la direction de Wyylde a déclaré avoir découvert "avec effroi" ces faits "extrêmement graves". Elle assure retirer immédiatement tout contenu illicite signalé et coopérer avec les enquêteurs. L'enquête, confiée à la section de recherches de Paris, devra déterminer si la plateforme a manqué à ses obligations légales.



