Alerte à Fairford : cinq hommes arrêtés, piste iranienne étudiée
Alerte à Fairford : cinq hommes arrêtés, piste iranienne

Dans la nuit du samedi 26 au dimanche 27 septembre, cinq hommes ont été interpellés à proximité de la base aérienne de Fairford, dans l'ouest de l'Angleterre, alors qu'ils étaient soupçonnés de préparer un acte terroriste. Selon Donald Trump, ils auraient voulu provoquer de « gros dégâts » sur cette base utilisée par l'armée américaine. Les enquêteurs britanniques examinent désormais la possibilité d'un lien avec l'Iran.

Un signalement par une agricultrice et une intervention rapide

L'alerte a été donnée vers 0 h 45. Une agricultrice vivant près de la base a raconté à la BBC avoir aperçu « un groupe d'hommes masqués » alors qu'elle rentrait d'une soirée. « J'ai compris que quelque chose de très inhabituel était en train de se passer », a-t-elle expliqué. Elle a d'abord tenté de joindre la police du ministère britannique de la Défense, sans réponse, avant d'appeler la police.

Des policiers armés sont intervenus après le signalement de « trois véhicules suspects qui semblaient se diriger vers la base aérienne » de Fairford. Les cinq hommes ont d'abord été interpellés pour des soupçons d'infractions liées à des explosifs, puis arrêtés pour suspicion de « préparation d'un acte terroriste ». La cellule antiterroriste de la police de Londres a été chargée de l'enquête.

Évacuation de 85 foyers par précaution

Un périmètre de sécurité de 400 mètres a été établi autour des véhicules. Une unité de déminage de l'armée est intervenue pour les examiner. Au total, 85 foyers ont été évacués à l'aube. Les habitants de Whelford, village voisin de la base, ont été conduits vers un centre de loisirs. « Tout le village a été évacué tôt ce matin », a rapporté un conseiller local dimanche. Une soixantaine de personnes attendaient encore de pouvoir rentrer chez elles. La police du Gloucestershire a d'abord évoqué un « incident majeur » avant d'annoncer qu'il avait été « maîtrisé ».

Des intentions présumées et des révélations promises

Les autorités britanniques n'ont pas détaillé le projet attribué aux cinq hommes. Donald Trump a toutefois déclaré : « On enquêtait sur eux. Ils voulaient faire de gros dégâts à notre base, et travailler avec les Britanniques a super bien fonctionné. » Interrogé de nouveau dans la nuit de dimanche à lundi, il a ajouté : « Nous savons tout d'eux, et vous en entendrez parler très bientôt. »

La piste iranienne examinée, dans un contexte tendu

Selon le Times, les enquêteurs cherchent à déterminer si les cinq suspects ont des liens avec l'Iran. Le Telegraph rapporte que la police soupçonnerait l'Iran d'être « l'acteur étatique le plus susceptible d'être à l'origine » du projet d'attaque, sans qu'aucun lien officiel soit établi. En juillet, les Gardiens de la Révolution iraniens avaient menacé d'attaquer Fairford, avertissant que toute base utilisée pour lancer des attaques contre l'Iran constituerait une « cible légitime », selon le Telegraph. Le ministre britannique de la Défense a refusé de « spéculer à ce stade de l'enquête » sur une éventuelle opération motivée par un « Etat étranger hostile ».

Fairford est une base de la Royal Air Force utilisée par l'armée américaine, accueillant notamment la 501e escadre de soutien au combat de l'US Air Force. En mars, le Royaume-Uni a autorisé les Etats-Unis à utiliser Fairford pour des « opérations défensives spécifiques visant l'Iran », destinées à détruire des missiles iraniens. Depuis, des bombardiers et d'autres appareils américains ont été vus décoller et atterrir sur la base. L'US Air Force a indiqué qu'aucun de ses membres n'avait été impliqué dans l'incident et qu'elle travaillait en « étroite coordination » avec les autorités britanniques.

Cet incident survient dans un climat d'inquiétude au Royaume-Uni. En juillet, la ministre britannique de l'Intérieur avait accusé l'Iran et la Russie de recourir à des intermédiaires pour mener des activités criminelles sur le sol britannique. Des sites militaires du pays ont également été visés par des drones à plus de 300 reprises au cours des douze derniers mois, sans que leur origine ait été établie par le ministère britannique de la Défense.