Un « évangéliaire ADN » de Sophia Antipolis offert au pape Léon XIV
Un évangéliaire ADN de Sophia Antipolis offert au pape

Un « évangéliaire ADN » conçu à Sophia Antipolis a été remis au pape Léon XIV ce vendredi 25 septembre 2026, lors de sa visite à Paris. L'ouvrage, qui contient « L'Évangile selon Marc » encodé en langage ADN, a été réalisé par un consortium de laboratoires associés au projet MoleculArXiv, dont l'IPMC (Institut de pharmacologie moléculaire et cellulaire) de Sophia Antipolis.

Une fierté pour les équipes de l'IPMC

Laetitia Gaigeard, ingénieure en bioinformatique, a suivi en direct la visite pontificale sur l'un de ses écrans, guettant l'« évangéliaire ADN » conçu dans son laboratoire. « Voir ces capsules qu'on avait ici, au labo, arriver entre les mains du pape, ce n'est pas rien ! », s'exclame-t-elle. Sa collègue Marie Couralet, ingénieure en biologie moléculaire, renchérit : « C'est une grande fierté de voir que notre travail peut aller aussi haut ! »

Le projet est né de l'imagination de Pascal Barbry, directeur de la plateforme de séquençage de l'IPMC et ex-directeur de l'institut, qui a eu l'idée de convertir « L'Évangile selon Marc » en langage ADN, avec le prêtre niçois Yves-Marie Lequin. « Quand Pascal nous l'a présenté pour la première fois, on était loin d'imaginer que cela pourrait être remis comme cadeau au pape », confie Laetitia Gaigeard.

Une collaboration scientifique et technique

L'IPMC, une unité mixte de recherche associant le CNRS, l'Université Côte d'Azur et l'Inserm, s'est associé à l'I3S de Marc Antonini, une autre unité mixte de recherche CNRS/université. « Eux sont informaticiens, nous biologistes », explique Pascal Barbry. Le tout s'inscrit dans le cadre du consortium de laboratoires associés au projet MoleculArXiv.

Pour la réalisation concrète du cadeau, l'IPMC a également collaboré avec Eupalia, une société de programmation informatique basée à Fréjus, dirigée par Vincent Joguin. Cette société a conçu un outil de décryptage, un allié précieux pour permettre aux générations futures de comprendre, un jour, cet « évangéliaire ADN ».

Un héritage pour le futur

Pour Laetitia Gaigeard, ce projet représente bien plus qu'un simple cadeau : « C'est un beau projet, qui ouvre quelque chose de nouveau pour le stockage sur du long terme. On laisse quelque chose qui pourra, potentiellement, être découvert et décodé plus tard. C'est très beau et valorisant. » L'initiative illustre le potentiel du stockage de données ADN, une technologie émergente pour la conservation d'informations sur de très longues périodes.