Ce samedi, Margarette a revêtu sur scène la robe qu’elle portait dans l’épisode 3 de « Drag Race France » mis en ligne jeudi sur france.tv et qui s’est achevé sur son élimination. Une tenue inspirée des Nymphéas de Claude Monet. Nous sommes à Ground Control (12e arrondissement), au Beach Club, la viewing party de l’émission que la drag queen « de Paris Est » coanime avec La Harpie, autre candidate de cette saison 4.
Une salle comble et des larmes d’anniversaire
La salle est complète, une bonne centaine de personnes a fait le déplacement, et l’émotion n’a pas oublié de se pointer. Margarette a certes revu son départ de la compétition drag, et ses larmes qu’elle n’a pas retenu lors du tournage, mais surtout, ce soir, c’est son anniversaire. Pour ses 27 ans, ses proches lui ont laissé plusieurs messages vidéo, projetés devant tout le monde. Au moment de dire quelques mots, sa gorge se noue.
« C’est la deuxième fois que je pleure dans cette tenue », ironise-t-elle, avec l’expression de dépit de celle qui vivrait une malédiction textile. Les rires retentissent dans l’assistance. Margarette a de nouveau fait mouche.
Un soutien unanime sur les réseaux sociaux
Sur les réseaux sociaux, nombreux sont ceux qui trouvent son élimination injuste, estimant qu’elle a donné une meilleure prestation que Lana Cotta, l’autre queen sur la sellette. Certains déplorent simplement de la voir partir si tôt. L’unanimité est frappante : il est bien difficile de trouver un seul commentaire négatif à son égard. « Je n’ai jamais reçu une telle vague d’amour. Ça me fait bizarre, confie Margarette à 20 Minutes. Je pensais qu’on allait vite m’oublier. »
Un parcours inspiré par Katya et l’humour absurde
Participer à « Drag Race France » était « clairement un objectif » pour elle. « En fait, je voulais me prouver que c’était possible parce que je n’y croyais absolument pas. Dans ma tête, je me disais qu’on n’allait pas me prendre au sérieux parce que, moi-même, je ne me prends pas au sérieux. »
Son amie et drag queen Bichette témoigne : « J’ai toujours su que le jour où elle postulerait à Drag Race France, Margarette serait prise et qu’elle allait briller à la télévision. » Et d’ajouter : « Qu’elle soit castée pour l’émission me laisse penser que la production a décidé de tremper un pied dans le bain du drag comedy, des drags qui se brandent uniquement sur l’humour et le camp. »
Margarette raconte qu’elle sait depuis l’enfance ce qu’est un transformiste, grâce à ses parents. Puis elle a découvert « RuPaul’s Drag Race » mais ne s’y retrouvait pas, jusqu’à voir Katya Zamolodchikova, candidate des saisons 7 et All Stars 2. « Son humour fantasque, absurde, grotesque et parfois grivois a fait office de déclic », explique-t-elle.
Premières scènes en ukrainien et quête identitaire
2018 est l’année de ses premières scènes. Au départ, elle performe uniquement en ukrainien, car son arbre généalogique s’enracine aussi bien en Angleterre et dans le Cantal qu’en Ukraine. Ce dernier point, elle le découvre à l’adolescence, ce qui lui a permis de résoudre la « quête identitaire » qui la travaillait.
Bichette se souvient de l’avoir vue pour la première fois en 2019 lors d’un spectacle sur l’astrologie, chantant Roar de Katy Perry en play-back, vêtue d’un tee-shirt à l’effigie d’un lion. « Elle n’avait pas de perruque, pas de faux cils, un beau souvenir », plaisante-t-elle.
« Une grosse bosseuse » au style fashion
Au fil des ans, Margarette a affiné son style. « Elle est une grosse bosseuse, avance Bichette. Même si elle ne l’assume pas, son drag est très fashion. Ses tenues ne sont pas haute couture, mais il faut voir les designs qu’elle imagine… Si elle avait vraiment le budget pour les concrétiser, elle ferait des trucs incroyables. »
« Je savais très bien que je n’étais pas la danseuse du casting, ni la make-up artist et que, niveau tenues, il pourrait y avoir des problèmes… Du coup, j’ai vraiment utilisé mon humour comme principal atout parce que je me disais que ça n’avait jamais été vu dans Drag Race France, explique Margarette. Sans prétention, je voulais essayer de faire découvrir ça aux gens. J’espère que désormais les gens seront plus nombreux à venir voir des comedy shows drag. »
Un rêve de bar et une sororité drag
Son « rêve ultime » serait « d’avoir un bar, un cabaret ». Elle enchaîne : « S’il faut garder les pieds sur terre, j’aimerais reprendre la Camp’in, le show que je coprésentais avec Bichette, mais à plus grande échelle. » Bichette lui conseille d’écrire un livre d’anecdotes. « Dans mon quotidien, je suis réputée pour ne pas avoir de chance. J’aurais pas mal de poisses à raconter », admet Margarette.
Ce sont ses mésaventures « rigolotes » qui l’inspirent pour la scène. Elle affirme qu’aucun artiste ne l’influence vraiment et que c’est surtout parmi ses proches qu’elle trouve ses idées : « C’est tellement cliché à dire mais ils sont les gens les plus drôles que je connaisse. » Elle évoque Bichette et Esther, autre artiste drag, formant une « sororité ». « On se considère comme sœurs drags toutes les trois. Franchement, j’invite les gens à venir boire un verre avec nous. C’est hilarant. » Margarette éclate de rire : « Voilà, il est là le projet ! »
20 secondes de contexte : l’article étant centré sur Margarette et l’art du drag, nous avons choisi de ne faire apparaître que les noms de scène des artistes cités et non leur identité à l’état civil.



