Grands récits : l'ère des petites légendes
Grands récits : l'ère des petites légendes

À l'heure où les réseaux sociaux fragmentent l'attention, la notion de « grand récit » se transforme en une multitude de « petites légendes » individuelles. Des figures médiatiques comme Guillaume Pley ou l'écrivain Boualem Sansal, tout comme les internautes anonymes, participent désormais à la construction de récits personnels qui se substituent aux grands récits collectifs. Ce phénomène, analysé dans une tribune publiée par Libération, interroge notre rapport à l'histoire et à la narration.

La fin des grands récits ?

Traditionnellement, les grands récits – qu'ils soient politiques, religieux ou historiques – structuraient les sociétés et donnaient un sens commun à l'existence. Ils étaient portés par des institutions, des intellectuels ou des États. Aujourd'hui, cette fonction se dissout dans l'individualisme numérique. Chacun peut créer et diffuser son propre récit, souvent sans médiation ni vérification, via les plateformes sociales.

La tribune cite l'exemple de Guillaume Pley, animateur et entrepreneur, dont le parcours personnel est érigé en modèle de réussite, mais aussi celui de Boualem Sansal, écrivain engagé, dont les prises de position nourrissent des récits antagonistes. Ces figures, bien que différentes, illustrent la manière dont les individus deviennent des « narrateurs » de leur propre vie, en concurrence avec les récits officiels.

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Les réseaux sociaux, fabrique de récits personnels

Les réseaux sociaux amplifient ce phénomène en offrant à chacun une tribune. Les internautes, par leurs publications, commentaires et partages, participent à la création de « petites légendes » qui circulent et se transforment. Cette dynamique remplace les grands récits unificateurs par une mosaïque de récits fragmentés, souvent contradictoires.

Selon l'auteur de la tribune, cette évolution a des conséquences profondes : elle affaiblit le sentiment d'appartenance collective et rend plus difficile l'établissement d'une vérité partagée. Les « petites légendes » deviennent des outils de distinction et de reconnaissance, mais aussi de division.

Quel avenir pour la narration collective ?

Face à cette fragmentation, la question se pose : peut-on encore construire des récits communs ? L'auteur suggère que les grands récits ne disparaissent pas, mais se réinventent sous des formes plus souples, intégrant la diversité des voix. Il appelle à une réflexion sur les moyens de concilier l'expression individuelle et la nécessité d'un socle narratif partagé.

Cette tribune, publiée le 14 août 2026, s'inscrit dans un débat plus large sur la place des médias et des intellectuels dans la société numérique. Elle invite à repenser notre rapport aux histoires que nous nous racontons, tant individuellement que collectivement.

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