Dans une tribune publiée par Libération, le philosophe Pascal Chabot estime que les « capsules numériques » dans lesquelles nous vivons nous éloignent de l’idéal des Lumières. Selon lui, ces environnements technologiques, conçus pour capter notre attention, nous enferment dans une forme de pensée conformiste et nous coupent du monde réel.
Un constat critique sur notre époque numérique
Pascal Chabot, philosophe belge, auteur notamment de L’Âge des transitions, observe que nos vies sont de plus en plus médiatisées par des écrans et des algorithmes. Il décrit ces dispositifs comme des « capsules » qui nous isolent, nous privant de la confrontation avec l’altérité et la complexité du monde. Cette situation, dit-il, contredit l’idéal des Lumières qui prônait l’autonomie de la raison et le libre examen.
Le philosophe souligne que cette évolution n’est pas une fatalité. Il invite à une « décolonisation de l’imaginaire numérique » et à une réappropriation de notre temps et de notre attention. Il plaide pour une éducation à la pensée critique, capable de résister aux mécanismes de captation mis en place par les grandes plateformes.
Les capsules numériques : un défi pour la démocratie
Pour Pascal Chabot, ces capsules numériques ne sont pas seulement un problème individuel, mais un enjeu collectif et démocratique. En nous coupant des débats contradictoires et de la diversité des points de vue, elles fragilisent l’espace public. Il appelle à une prise de conscience citoyenne et à une régulation publique des technologies.
Il conclut en soulignant que la philosophie a un rôle à jouer pour nous aider à penser notre rapport au numérique et à retrouver une forme de liberté. « Nous devons réapprendre à habiter le monde, au-delà des écrans », écrit-il. Cette tribune s’inscrit dans un débat plus large sur les effets du numérique sur nos sociétés.



