OpenAI a annoncé, lundi 24 août 2026, le déploiement progressif de la publicité sur ChatGPT en France à partir de septembre 2026. Cette décision intervient alors que la plateforme revendique 400 millions d'utilisateurs actifs chaque semaine dans le monde. Les annonceurs français pourront diffuser des annonces via un système d'enchères, avec un ciblage basé sur les conversations des utilisateurs.
Un déploiement progressif et encadré
Selon l'entreprise californienne, la publicité sera d'abord testée sur un échantillon restreint d'utilisateurs gratuits, avant une extension à l'ensemble des utilisateurs dans les mois suivants. Les utilisateurs payants (ChatGPT Plus, Pro et Team) ne verront aucune publicité, précise OpenAI. Les annonces seront clairement identifiées par un encart visuel distinct, et les utilisateurs pourront les signaler ou les masquer.
Le système publicitaire repose sur un modèle d'enchères en temps réel, similaire à celui de Google Ads. Les annonceurs pourront choisir des mots-clés et des thématiques, mais aussi cibler des segments d'audience définis par OpenAI. La société affirme que les données de conversation ne seront pas partagées avec les annonceurs sans consentement explicite, et que des garde-fous techniques empêcheront le ciblage basé sur des catégories sensibles (santé, religion, orientation sexuelle).
Un marché publicitaire en pleine expansion
Cette annonce fait suite à l'arrivée de la publicité sur d'autres plateformes d'IA générative, comme Google AI Overviews ou Perplexity. Selon une étude du cabinet eMarketer, les dépenses publicitaires sur les assistants IA devraient atteindre 1,2 milliard de dollars en 2026, puis 5 milliards en 2028. OpenAI espère capter une part significative de ce marché, alors que l'entreprise cherche à diversifier ses revenus au-delà des abonnements.
« Nous voulons créer une expérience publicitaire qui soit utile et non intrusive, et qui respecte la confiance de nos utilisateurs », a déclaré Sarah Friar, directrice financière d'OpenAI, dans un communiqué. Elle a ajouté que des tests internes avaient montré un taux d'acceptation de 78 % parmi les utilisateurs exposés à des annonces pertinentes.
Réactions contrastées en France
En France, des associations de consommateurs et des défenseurs de la vie privée ont exprimé des réserves. La CNIL, saisie par des députés, a indiqué qu'elle examinerait la conformité du dispositif avec le RGPD, notamment concernant le ciblage publicitaire basé sur les conversations. « Nous serons particulièrement vigilants sur la transparence et le droit d'opposition des utilisateurs », a précisé un porte-parole de la CNIL.
De leur côté, des agences médias françaises se réjouissent de cette opportunité. « C'est une nouvelle ère pour le marketing digital, avec un accès direct à une audience massive et engagée », estime Claire Lehmann, directrice générale de l'agence Mindshare France. Elle souligne que les marques devront toutefois adapter leurs formats, car les publicités apparaîtront sous forme de suggestions contextuelles plutôt que de bannières traditionnelles.
Impact sur l'écosystème numérique
Le lancement de la publicité sur ChatGPT pourrait bouleverser le marché de la recherche en ligne, déjà dominé par Google. Les éditeurs de sites web craignent une baisse de trafic, car les utilisateurs obtiendront des réponses directement dans l'interface sans cliquer sur des liens. Cependant, OpenAI prévoit de reverser une partie des revenus publicitaires aux éditeurs dont les contenus sont utilisés pour générer les réponses, selon des sources proches du dossier.
Le déploiement en France se fera en partenariat avec des régies publicitaires locales, dont Publicis Media, qui a signé un accord de collaboration annoncé en juillet 2026. Les premières campagnes devraient être lancées par des annonceurs issus des secteurs de la tech, de l'automobile et du tourisme. Aucun chiffre d'investissement média n'a été communiqué pour le marché français.
Cette initiative marque une étape clé dans la monétisation de l'IA générative, qui devra concilier rentabilité et protection des utilisateurs. Les prochains mois seront décisifs pour évaluer l'acceptation du public et l'impact sur les usages numériques.



