Avocats : l'IA bouleverse la consultation juridique
Avocats : l'IA bouleverse la consultation juridique

Les avocats vivent leur « moment Doctissimo », selon l'expression d'un bâtonnier. Désormais, tous les clients arrivent après avoir consulté une intelligence artificielle (IA) pour obtenir un premier avis juridique. Cette tendance, rapportée par Libération, transforme en profondeur la relation entre les justiciables et leurs conseils.

Une pratique généralisée

« Aujourd'hui, tous les clients arrivent après avoir consulté une IA », explique un avocat interrogé par le quotidien. Cette habitude, devenue quasi systématique, modifie la nature des rendez-vous : les clients ne viennent plus avec une simple question, mais avec un pré-avis généré par un algorithme, souvent basé sur des modèles comme ChatGPT.

Les avocats constatent que cette première consultation virtuelle influence les attentes et les inquiétudes des clients. Certains arrivent avec des analyses erronées ou incomplètes, ce qui oblige les professionnels du droit à corriger des informations parfois inexactes. D'autres, au contraire, utilisent l'IA pour mieux préparer leur dossier et poser des questions plus précises.

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Un parallèle avec la santé

Cette évolution rappelle celle vécue par les médecins avec le site Doctissimo, qui permettait aux patients de s'auto-diagnostiquer avant de consulter. Le même phénomène se produit aujourd'hui dans le domaine juridique, avec des clients qui arrivent souvent avec une idée préconçue de leur situation.

« C'est une vraie révolution dans la manière d'exercer notre métier », confie un avocat spécialisé en droit de la famille. « Nous devons désormais non seulement conseiller, mais aussi déconstruire certaines idées reçues issues de l'IA. »

Un impact sur la profession

Cette nouvelle donne soulève des questions sur la déontologie et la responsabilité des avocats. Certains y voient une opportunité pour renforcer leur valeur ajoutée, tandis que d'autres s'inquiètent d'une possible standardisation du conseil juridique.

« L'IA ne remplacera jamais l'analyse nuancée d'un avocat, mais elle change notre quotidien », ajoute un bâtonnier. Les cabinets doivent désormais intégrer cette réalité dans leur pratique, notamment en formant leurs équipes à l'utilisation de ces outils et en apprenant à répondre aux interrogations nées de ces consultations préalables.

Face à cette tendance, la profession réfléchit à des recommandations pour encadrer l'usage de l'IA dans la relation client, tout en reconnaissant son potentiel pour rendre le droit plus accessible. Le phénomène devrait s'accentuer avec la montée en puissance des assistants juridiques basés sur l'IA.

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