eSports World Cup à Paris : le public clairsemé pour les jeux mobiles
eSports World Cup : les jeux mobiles devant un public clairsemé

L'eSports World Cup a ouvert ses portes à Paris le 8 août, et jusqu'au 20 août, les amateurs de jeux vidéo peuvent assister à des compétitions de haut niveau. Mais si les grandes scènes dédiées aux jeux sur PC comme League of Legends ou Counter-Strike affichent complet, les tournois de jeux mobiles, très populaires en Asie, se jouent devant des gradins clairsemés. Ce contraste interroge sur la réception de ces disciplines en Europe.

Des jeux mobiles stars en Asie, mais boudés en France

Les jeux mobiles comme Honor of Kings, PUBG Mobile ou Free Fire dominent les classements de téléchargement et génèrent des millions de dollars de revenus, principalement en Chine, en Inde et en Asie du Sud-Est. En France, leur audience compétitive reste marginale. Selon les organisateurs, seuls 200 à 300 spectateurs assistent aux finales mobiles, contre plus de 2 000 pour les jeux PC.

Cette désaffection s'explique par des habitudes de jeu différentes. « En France, on associe encore le jeu mobile à du casual gaming, pas à de la compétition de haut niveau », explique Julien, un spectateur rencontré sur place. Les joueurs professionnels, souvent coréens ou chinois, sont peu connus du public européen, ce qui limite l'engouement.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une offre qui se diversifie, mais des défis à relever

Malgré ce démarrage timide, les organisateurs misent sur la diversité des disciplines pour attirer un nouveau public. Des tournois de jeux de cartes comme Hearthstone côtoient des compétitions de jeux de combat comme Street Fighter, dans une ambiance plus intimiste. « L'objectif est de montrer que l'eSport ne se limite pas aux jeux PC », souligne un porte-parole de l'événement.

Cependant, les défis restent nombreux : le manque de retransmission télévisée dédiée, la faible médiatisation des joueurs mobiles et la difficulté à fidéliser un public au-delà des initiés. Les organisateurs espèrent néanmoins que la tenue de l'événement à Paris, première étape d'une tournée mondiale, permettra de développer cette pratique.

Un impact économique et culturel à double tranchant

L'eSports World Cup génère des retombées économiques estimées à 10 millions d'euros pour la capitale, entre billetterie, hôtellerie et restauration. Mais la faible affluence sur les jeux mobiles pose la question de la rentabilité de ces compétitions. Certains sponsors, comme des marques de smartphones, restent néanmoins fidèles, y voyant une vitrine pour toucher une population jeune et connectée.

À l'avenir, les organisateurs prévoient d'intégrer des jeux mobiles dans des événements plus grand public, comme des festivals de gaming, afin de les populariser. Selon une étude récente, 60 % des joueurs français disent avoir déjà joué à un jeu mobile, mais seulement 15 % suivent des compétitions eSport sur mobile. Le potentiel est là, mais il reste à le convertir.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale