Après avoir livré un top 5 subjectif des coups de cœur du mois de juillet 2026, la rédaction de Nice-Matin a décidé de se pencher sur la face cachée de l'actualité sportive. Voici les trois plus grandes déceptions de ce début d'été, entre tennis, rugby et cyclisme, avec un tour d'horizon qui va de la Côte d'Azur à l'Angleterre.
Un Wimbledon 2026 au rabais
La concomitance du Grand Chelem londonien avec le Mondial de football disputé aux États-Unis a naturellement fait perdre de l'intérêt au tournoi. Les amateurs de tennis ont dû composer avec une programmation décalée, et les débats sportifs ont été largement dominés par la Coupe du monde. Dans ce contexte, Wimbledon n'a pas réussi à s'imposer comme l'événement majeur de juillet.
Carlos Alcaraz, champion en 2023 et 2024, manquait à l'appel. Blessé au poignet droit, l'Espagnol a préféré faire l'impasse sur la quinzaine londonienne. Il a été aperçu au MetLife Stadium de New York, où il a assisté au sacre de l'Espagne en Coupe du monde. Son absence a considérablement réduit le suspense, puisque Jannik Sinner, le numéro 1 mondial, a pu dérouler son tennis pour s'imposer pour la deuxième fois consécutive à l'All England Club.
Il y a bien eu quelques moments de grâce, comme ce quart de finale homérique remporté par Novak Djokovic face à Félix Auger-Aliassime, ou encore la petite renaissance de Grigor Dimitrov, qui sortait de plusieurs mois compliqués. Mais ces éclairs n'ont pas suffi à faire basculer la compétition dans l'irrationnel. Le manque de duels mythiques, de batailles acharnées et de renversements de situation ubuesques a été criant. Au final, cette édition restera comme l'une des plus fades de la décennie.
Au Nissa Rugby, l'administratif fait oublier le sportif
Le Nissa Rugby traverse la pire crise de son histoire depuis sa fondation en 2012. Le club niçois, qui évoluait en Pro D2, a été relégué en Fédérale sur décision de l'A2R, le gendarme financier du rugby. Motif invoqué : un trou financier dans la budgétisation de la saison à venir. Les dirigeants ont aussitôt « interjeté appel » pour contester cette sanction, laissant planer un doute sur le sort du club.
Cette situation est d'autant plus frustrante que sur le terrain, les joueurs avaient fait le travail. Le 31 mai dernier, le Nissa Rugby s'était offert une qualification salvatrice en barrage d'accession face à Mont-de-Marsan, un exploit qui devait lui permettre de se maintenir en Pro D2. Mais la joie aura été de courte durée. La procédure d'appel, dont le résultat est attendu en début ou milieu de semaine prochaine, est devenue le principal sujet de discussion, éclipsant la performance sportive.
Le feuilleton administratif a également des conséquences extra-sportives. Les relations entre le club et la Ville de Nice sont de nouveau au point mort, et les joueurs s'inquiètent pour leur avenir. Ce triste spectacle occulte le travail effectué sur le terrain et plonge tout un club dans l'incertitude, avec une question récurrente : le Nissa Rugby pourra-t-il rejouer en Pro D2 la saison prochaine ?
Julian Alaphilippe décevant lors de son probable dernier Tour
Julian Alaphilippe devait être l'une des attractions de ce 113e Tour de France. Il n'en a rien été. Le coureur de 34 ans, qui avait impressionné entre 2018 et 2021 par ses six victoires d'étape et ses 18 jours en maillot jaune, n'a jamais semblé capable de rivaliser avec les meilleurs. Il termine à une triste 125e place au classement général, à plus de 5h33 du maillot jaune Tadej Pogačar.
Le puncheur explosif a multiplié les tentatives d'échappée, mais il a été bien souvent distancé. Ses attaques n'ont pas abouti, et les spectateurs ont assisté à un coureur en difficulté, sans l'étincelle qui faisait sa marque de fabrique. Pire encore, Alaphilippe a déclaré qu'il ne fallait « pas s'attendre à (le) revoir » sur le Tour. Cette phrase, lourde de sens, laisse entendre que les fans ont peut-être assisté à sa toute dernière participation à la Grande Boucle.
Si l'on se fie à ses déclarations, le Tour de France 2026 restera donc comme son dernier tour de piste. Un adieu bien terne pour un coureur qui a tant fait vibrer le public français. La déception est immense, et beaucoup se demandent ce qui aurait pu être fait pour éviter cette sortie de route. Mais comme souvent dans le sport, le talent ne suffit pas toujours, et le temps aura raison de tous les champions.



