Romane Bernies, meneuse du BLMA et membre de l’équipe de France féminine de basket, a décroché la médaille d’argent au Mondial de basket à Berlin, après une défaite en finale face aux États-Unis. Dans un entretien accordé à Midi Libre, elle revient sur ce parcours, ses sentiments mitigés et ses ambitions pour la suite.
Un mélange de fierté et de regrets
Interrogée sur son ressenti quelques jours après la finale, Romane Bernies confie : « C’est un mélange. Je suis vraiment juste fière d’avoir fait partie de cette aventure, d’avoir marqué l’histoire du basket français, ce qui n’est pas donné à tout le monde. C’est un honneur mais elle nous restera longtemps en travers de la gorge. »
Elle ajoute : « On y a tellement cru que c’est difficile à encaisser. Après, il n’y a pas à rougir. Les États-Unis ont fait un super match, elles méritent leur victoire. Ce n’est pas comme si c’était un match accroché comme à Paris (aux JO 2024). C’était différent, mais on avait tellement envie de réaliser cet exploit. C’est quand même assez rageant. »
Le discours du coach dans le vestiaire
Romane Bernies raconte que le sélectionneur Jean-Aimé Toupane a prononcé un discours marquant après la finale : « Le coach Jean-Aimé a eu un très beau discours en nous remerciant, en disant combien il était fier de ce qu’on avait fait, du parcours, et que même si on ne le réalisait pas tout de suite, c’était quand même superbe. »
Elle poursuit : « Il pensait qu’on allait y arriver au bout d’un moment. Je ne sais pas quand la pièce tombera de notre côté, mais il était persuadé et convaincu qu’on allait y arriver. Il fallait qu’on garde la tête haute et qu’on soit fière de cette belle médaille d’argent. » Entre les joueuses, l’émotion était palpable : « Ça a été difficile d’avoir des mots directement, il y avait beaucoup de déception. Ça a été un peu compliqué. »
Une ambiance « commando » durant la compétition
La meneuse du BLMA évoque l’ambiance au sein du groupe : « J’ai beaucoup aimé l’ambiance. Je pense que tout le monde a trouvé sa place réellement dans ce groupe. On se connaît de plus en plus. Sur le terrain, chacune savait très précisément pourquoi elle était là. »
Elle décrit un état d’esprit particulier : « C’était un peu en mode commando parce qu’on n’avait qu’une seule chose en tête, cette médaille d’or. Ça s’est ressenti dans tous les matches, il n’y a pas eu réellement d’euphorie, on était contente, mais on a été tellement focus sur l’objectif ultime qu’on n’était pas satisfaite jusqu’à ce qu’on l’ait. Malheureusement, on ne l’a pas eu. »
Un rôle accepté malgré un temps de jeu réduit
Romane Bernies a joué un rôle de soutien avec peu de temps de jeu. Elle confie : « Pour être tout à fait honnête, ça n’a pas été simple. Je suis plutôt fière de moi parce que ça ne s’est pas vu. C’est ce qu’on m’avait demandé. Je suis une compétitrice et j’avais envie de jouer, d’aller sur le terrain et d’aider l’équipe. »
Elle assume ce choix : « Mais j’ai accepté ce rôle et je me suis vraiment attelée à le faire du mieux possible. Je préfère être dans l’équipe et avoir ce rôle que de ne pas y être du tout. »
Gabby Williams, « la meilleure joueuse du monde »
La capitaine des Bleues, Gabby Williams, élue meilleure défenseuse du Mondial, impressionne toujours sa coéquipière : « Elle m’impressionne encore. Elle est constante et elle montre tout simplement qu’elle fait partie des meilleures joueuses du monde. Pour moi, c’est la meilleure joueuse du monde. »
Bernies souligne le parcours exceptionnel de Williams : « C’est juste incroyable de pouvoir assister à ça aux premières loges et de se dire d’où elle vient, qu’on ait partagé une année au BLMA. Elle le mérite, c’est vraiment sympa. »
L’Euro 2027 comme prochain objectif
Pour la suite, Romane Bernies affiche ses ambitions : « J’aimerais un titre. Après, je sais qu’il ne me reste pas beaucoup d’années à tirer. Je prends chaque opportunité très à cœur et peut-être même comme si c’était la dernière. »
Elle vise clairement l’Euro qui se déroulera du 16 au 27 juin 2027 : « Mais bien évidemment que si j’ai la chance d’aller à l’Euro, c’est le rêve et l’objectif. À chaque fois, on n’est pas loin. Ce groupe, avec toutes ces personnes, mérite de repartir avec le sourire. »



