Loïs Boisson : pourquoi son corps ne tient pas le choc au haut niveau
Loïs Boisson : un corps trop fragile pour le haut niveau

Un an après l'explosion, le retour incertain

Un an après sa demi-finale surprise à Roland-Garros 2025, Loïs Boisson retrouve la terre battue parisienne dans un contexte bien différent. La Française de 22 ans, désormais 50e mondiale, n'a disputé que 20 matchs depuis son parcours de rêve. La raison ? Un corps qui refuse de la laisser tranquille. Gêne à l'adducteur gauche, déchirure du quadriceps, blessure à l'avant-bras droit : la révélation de la porte d'Auteuil n'a jamais vraiment pu confirmer.

Un passif médical lourd

Avant son exploit parisien, Boisson avait déjà manqué neuf mois de compétition en raison d'une rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche. En octobre 2021, une blessure à l'épaule droite l'avait contrainte à six mois d'arrêt et à modifier sa technique de frappe. Cette cascade de pépins physiques dresse un constat clair : la Dijonnaise se blesse souvent et grièvement.

Un physique atypique source de fragilité

Le corps de Loïs Boisson, sec et musculeux, sort des standards du circuit WTA. Pour Jean-Bernard Fabre, médecin spécialisé en physiologie et biomécanique du sport, cela peut poser problème. « On fait souvent le lien facile en se disant qu'un athlète très musclé est prêt à gérer les charges du haut niveau, mais on s'aperçoit que les athlètes limitent leur masse musculaire pour optimiser le rapport poids/puissance », explique-t-il. Il cite l'exemple d'Arthur Fils, qui a perdu du poids pendant sa convalescence, et de Rafael Nadal, qui a réduit son volume musculaire pour moins se blesser.

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Un style de jeu trop exigeant

Julien Varlet, ancien joueur contraint à une retraite précoce à 27 ans, pointe le style de jeu de Boisson, « proche d'un style de garçon ». Elle joue très lifté, met beaucoup d'intensité physique, alors que la majorité des filles utilisent la vitesse de la balle adverse. « Automatiquement, Loïs tire un peu plus sur la machine », image-t-il. Jean-Bernard Fabre ajoute que sa prise très fermée en coup droit, extrême, nécessite de la vitesse de tête de raquette et du relâchement. « Si elle n'est pas relâchée au niveau de l'épaule, elle doit le trouver ailleurs, peut-être au poignet », ce qui expliquerait sa blessure à l'avant-bras.

Un mental entamé

Au-delà du physique, Jean-Bernard Fabre s'inquiète pour le mental de la joueuse. « Quand on se blesse grièvement, on peut revenir grâce à la résilience. Mais si cela arrive plusieurs fois, on puise dans un capital mental qui n'est pas éternel. Elle est jeune, mais le sien est déjà bien entamé. » Ainsi, plus qu'un simple retour sur les lieux de ses exploits, Loïs Boisson entame une véritable reconstruction à Roland-Garros 2026, pour espérer relancer la « Boisson mania ».

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