La Monégasque Lisa Pou, médaillée de bronze mondiale sur 10 km en eau libre l’an dernier, s’élance ce mardi 4 août à Paris dans l’incertitude. Touchée par une bactérie en juin, elle ne sait pas comment son corps réagira lors des championnats d’Europe. Quatrième nageuse mondiale au classement de World Aquatics, elle figure parmi les favorites sur le papier, mais sa préparation a été fortement perturbée.
Une bactérie qui a bouleversé la préparation
Fin juin, après le 10 km de la Coupe du monde au Portugal, Lisa Pou et une quinzaine de ses adversaires ont été victimes d’une bactérie. La native de Fréjus, licenciée à l’AS Monaco natation, a souffert de diarrhée et de vomissements. « Pendant une nuit, j’ai cru que j’allais y passer », confie-t-elle. Elle a eu besoin d’assistance pendant deux à trois jours et a dû s’arrêter de nager pendant cinq jours, incapable de rester debout.
Cette infection a compromis sa préparation pour l’Euro. « Le corps a pris un coup. La préparation a donc été compliquée mais beaucoup d’Européennes ont été dans mon cas. Cela va être un peu la surprise. On a géré comme on a pu », explique Pou. Malgré tout, elle a effectué un stage en altitude pour préparer l’échéance, mais la fatigue persiste.
Un programme chargé à Paris
Ce mardi, Lisa Pou disputera le 10 km à 14h30, avant d’enchaîner sur 5 km mercredi et 3 km knockout jeudi. Elle aborde ces courses avec prudence mais détermination. « J’ai beaucoup dormi, plus que d’habitude. On a dû faire attention parce que j’étais très fatiguée. Là, en période d’affûtage, je commence à me sentir bien et c’est cool. Je ne sais pas ce que cela va donner, mais je vais faire en sorte d’être fière de moi », ajoute-t-elle.
L’an dernier aux Mondiaux de Singapour, elle avait décroché le bronze sur 10 km, confirmant son statut. En Coupe du monde, elle a terminé 5e du classement général, avec quatre manches dans le Top 8, une première dans sa carrière. Sur le papier, elle est la 4e Européenne du plateau et donc une candidate sérieuse au podium.
Une revanche sur la Seine
Il y a deux ans, lors des Jeux Olympiques de Paris, Lisa Pou avait déçu sur le 10 km dans la Seine, terminant 18e. Le courant avait contrarié sa nage d’instinct. Cette fois, l’ancienne athlète de l’équipe de France espère que les conditions seront plus favorables. Pour se préparer, elle a travaillé avec un parachute accroché au corps en piscine, afin de simuler les courants et de se rapprocher des conditions de course.
La question reste de savoir qui, parmi les nageuses touchées par la bactérie, se sera le mieux remis. Lisa Pou, elle, veut croire en ses chances. « Je vais faire en sorte d’être fière de moi », insiste-t-elle. Un discours combatif qui montre sa détermination à briller malgré les aléas.



