Le village de Trans-en-Provence a vécu, samedi 1er août, un moment fort du sport mécanique à l'occasion de la finale du championnat de France de trial urbain. Organisée par le Moto club toulonnais, la compétition a investi le centre-ville, avec cinq zones spécialement aménagées, dont une première particulièrement technique qui a contraint les pilotes à franchir plusieurs fois la rivière Nartuby.
Le trial urbain, discipline née à la fin des années 1990, séduit par son côté spectaculaire et accessible. Il se pratique sur des obstacles naturels et artificiels en milieu urbain, offrant un spectacle impressionnant où la moindre erreur se paie cash. La finale de Trans-en-Provence a illustré tout cela, dans un cadre pittoresque et une ambiance électrique.
Une finale au plus près des spectateurs
Le choix de Trans-en-Provence pour cette dernière manche s'est révélé payant. Les spectateurs, installés au plus près des obstacles, ont pu vivre une expérience rare dans ce sport souvent télévisé. Les pilotes devaient faire preuve d'une concentration absolue sur des zones dessinées en plein cœur du village, entre ruelles, escaliers et passages étroits. La première zone, en particulier, a demandé une maîtrise parfaite avec de multiples traversées de la Nartuby.
L'organisation du Moto club toulonnais a été saluée par tous les participants. Offrir un tel spectacle au public, en pleine rue, est un pari osé qui a été relevé avec brio. La proximité entre les pilotes et les spectateurs, une des forces du trial urbain, a été poussée à son maximum ici.
Benoît Bincaz, un champion au sommet de son art
Dans la catégorie reine, le Flayoscais d'adoption Benoît Bincaz a survolé les débats. À 29 ans, le pilote professionnel a conclu avec seulement dix points de pénalité, devant l'Espagnol Arnau Farre Garcia (13 points) et Alexandre Ferrer (15 points). Un succès sans appel qui lui offre un troisième titre de champion de France de trial urbain.
Une performance d'autant plus remarquable que la pression était forte à domicile. Ce titre récompense un travail de longue haleine et une discipline de fer, comme le reconnaît l'intéressé. En s'imposant sur ses terres, il a confirmé son statut de pilote majeur de la discipline en France.
« Garder une immense lucidité à chaque instant »
Pour Benoît Bincaz, la victoire se joue d'abord dans la tête. « Le trial est extrêmement exigeant sur le plan physique, explique-t-il. Cela demande un gainage à toute épreuve, de l'explosivité, mais aussi une grande endurance, avec des manches qui peuvent durer près de six heures. »
Une condition physique irréprochable ne suffit pas. « La clé, c'est de garder une immense lucidité à chaque instant, pour être capable de lire le parcours et s'adapter au tracé en temps réel », ajoute le champion. Une capacité à analyser les zones en un éclair qui fait la différence au plus haut niveau.
Un projet électrique plein d'ambition
En dehors des podiums, Benoît Bincaz porte un projet qui pourrait révolutionner sa discipline. Avec la firme française Electric Motion, il développe une moto électrique destinée à la compétition. Le duo espère imposer cette technologie dans les plus hautes sphères du trial mondial, un pari audacieux à l'heure où l'électrification gagne le sport mécanique.
Le champion voit d'ailleurs dans cette transition une opportunité. Son engagement dans cette aventure montre une facette de sa personnalité : toujours tourné vers l'avenir, prêt à repousser les limites de son sport. Cette moto électrique pourrait bien devenir un atout majeur dans les compétitions futures.
Un accès exceptionnel au public
Tout au long de la soirée, les spectateurs ont pu approcher les pilotes, échanger avec eux et suivre les manœuvres de près. Benoît Bincaz, particulièrement souriant et disponible, même à quelques minutes de se lancer dans une manche, a séduit le public par sa simplicité. Ce mélange de talent, de sérieux et d'accessibilité fait de lui un ambassadeur idéal pour le trial urbain.
Cette étape de Trans-en-Provence restera comme un modèle du genre. Le Moto club toulonnais, à l'origine de l'organisation, a relevé le défi de mêler sport de haut niveau et proximité avec le public. Un sans-faute qui pourrait inspirer d'autres villes à accueillir l'épreuve à l'avenir, tant le format a prouvé son attractivité.



