Le Tour de France femmes 2026, qui a débuté le 1er août, marque une évolution significative dans la prise en compte du cycle menstruel des cyclistes professionnelles. Longtemps ignoré, ce sujet est désormais intégré dans la préparation des athlètes, tant pour optimiser les performances que pour préserver leur santé. Les équipes, comme FDJ United-Suez, ont compris que le cycle menstruel fait partie intégrante de l'athlète.
Une prise de conscience collective dans le peloton
Evita Muzic, cycliste professionnelle depuis 2018 et âgée de 27 ans, a souffert en début de carrière de règles très douloureuses. Aujourd'hui, elle constate une évolution des mentalités : « Plus aucun tabou », assure l'ancienne championne de France, qui participe à son 5e Tour de France avec FDJ United-Suez. Cette prise de conscience collective permet une meilleure prise en compte du cycle menstruel, aussi bien pour la gestion des performances que pour la santé des sportives.
Lieselot Decroix, ancienne coureuse cycliste belge (entre 2007 et 2016) et codirectrice de la performance chez FDJ United-Suez, témoigne du chemin parcouru : « Avoir ses règles n'était pas considéré comme important à mon époque. » Cette déclaration illustre le fossé générationnel dans la discipline, longtemps façonnée par les hommes.
Une adaptation nécessaire pour la performance et la santé
Dans le cyclisme de haut niveau, comme dans d'autres disciplines sportives, le cycle menstruel est devenu un sujet central. Les équipes tentent désormais d'en tenir compte dans la préparation, que ce soit pour la gestion de l'effort, la récupération ou la prévention des blessures. Cette approche holistique vise à optimiser les performances tout en protégeant la santé des athlètes sur le long terme.
Les données scientifiques sur l'impact du cycle menstruel sur les capacités physiques sont de plus en plus nombreuses. Elles montrent que les variations hormonales peuvent influencer la force, l'endurance, la thermorégulation ou encore la récupération. En intégrant ces connaissances, les staffs techniques peuvent adapter les entraînements et les stratégies de course en fonction des phases du cycle de chaque cycliste.
Un sujet médiatisé qui brise les tabous
La médiatisation croissante de ce sujet contribue à briser les tabous. Les athlètes parlent plus ouvertement de leurs règles, ce qui permet une meilleure compréhension par le public et les instances sportives. Cette transparence est essentielle pour faire évoluer les mentalités et les pratiques dans le sport de haut niveau.
Pour Evita Muzic, cette évolution est bénéfique : elle peut désormais aborder ces questions avec son équipe et adapter sa préparation en conséquence. Cette approche personnalisée est un atout pour sa carrière, comme pour celle de nombreuses autres cyclistes.
Le Tour de France femmes 2026, avec des étapes exigeantes, est un terrain d'observation idéal pour mesurer l'impact de ces nouvelles pratiques. Les équipes qui intègrent le cycle menstruel dans leur stratégie pourraient bien gagner un avantage compétitif, tout en améliorant le bien-être de leurs athlètes.



