Klaebo écrase le sprint olympique : comparaison fascinante avec Pogacar
Klaebo écrase le sprint olympique : duel avec Pogacar

Klaebo écrase la concurrence à Tesero avec son style révolutionnaire

L'attaque de Johannes Hoesflot Klaebo lors du sprint de ski de fond des Jeux Olympiques 2026 à Tesero a été d'une brutalité saisissante. Mardi, le fondeur norvégien a littéralement cloué ses concurrents à la neige, atteignant la vitesse impressionnante de 18,4 km/h sur le raidard final. Sa performance a réduit le reste du gratin mondial à l'état d'amateurs, démontrant une supériorité technique écrasante.

Le secret de cette domination réside dans le Klaebo-kliv, un style unique adopté par hasard il y a plusieurs années pour compenser un mauvais fartage lors d'une course. « Par ce style, il a révolutionné son sport, c'est un précurseur », analyse Vincent Vittoz, champion du monde de poursuite en 2005. À seulement 29 ans, Klaebo décroche ainsi son septième titre olympique, réveillant la fascination du grand public qui le redécouvre, olympiade après olympiade.

Une évidence qui rappelle les plus grands

La performance de Klaebo est marquante par son évidence immédiate. Nul besoin d'être un expert pour constater la portée historique de cet exploit, à l'image des sprints légendaires d'Usain Bolt ou des chevauchées du jeune Lionel Messi. Mais la comparaison qui s'impose naturellement, et qui revient avec insistance dans les commentaires, concerne le cycliste Tadej Pogacar, célèbre pour ses accélérations dévastatrices et son palmarès interminable.

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Les deux athlètes terrorisent leur discipline respective, mais lequel de ces deux despotes sportifs exerce la domination la plus absolue ? À vue d'œil, les départager semble quasiment impossible, mais la comparaison de leur polyvalence s'avère particulièrement pertinente selon Vittoz. « Tout comme il est difficile de gagner à la fois sur des efforts de 3x4 km et un 50km, il est difficile d'être performant à la fois sur les Classiques et les Grands Tours », explique l'ancien champion.

Les chiffres d'une domination écrasante

Les statistiques de ces deux monstres du sport parlent d'elles-mêmes :

  • Johannes Hoesflot Klaebo : 7 titres olympiques, 15 titres de champion du monde (avec un Grand Chelem inédit en 2025), 12 globes de cristal, 72 victoires en Coupe du monde.
  • Tadej Pogacar : 4 Tours de France, 1 Giro, champion du monde en 2024 et 2025, 18 Classiques majeures et 30 étapes de Grands Tours à son actif.

Deux approches différentes de l'excellence

La supériorité de Pogacar repose sur des données physiologiques qui défient l'entendement. Sa VO2max estimée à 96ml/kg/min - 100 selon la légende - en fait un véritable extraterrestre du cyclisme, capable de développer des watts/kg impressionnants dans les cols les plus difficiles. « Sa physiologie me paraît tout à fait inimaginable », déclarait Tim Podlogar, directeur du Centre de physiologie du sport à l'Université d'Exeter, au média slovène Siot.

La VO2max de Klaebo reste quant à elle un mystère, mais devrait se situer autour des 90 ml/kg/min. Cependant, comme le rappelait un jour le DTN français Pierre Mignerey, « le ski de fond ne se résume pas à un concours de VO2max ». Le Norvégien construit sa supériorité sur une technique hors du commun, perfectionnée pendant son adolescence pour compenser un retard physique. Sa poussée de croissance tardive, survenue à 17 ans, l'a ensuite propulsé devant tous ses concurrents.

« Physiologiquement il est hors norme et il a des qualités d'endurance exceptionnelle, c'est une évidence », analyse Roddy Darragon, consultant pour Eurosport. « Mais il fait la différence sur sa technique de ski. Il est très félin, c'est le plus doux sur la neige, il a cette capacité à glisser sur les skis, à ne jamais perdre de vitesse ».

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Des rivaux disparus ou dominés

L'histoire aurait pu être magnifique : deux fondeurs du même âge, le Norvégien Klaebo et le Russe Alexander Bolshunov, s'affrontant régulièrement pour la suprématie mondiale. Le Russe avait même réussi à chiper deux globes de cristal à Klaebo en 2020 et 2021, mais la guerre et l'exclusion des athlètes russes du circuit mondial ont mis fin à cette rivalité. « Les Russes auraient pu rivaliser en sprint », estime Darragon. « Quelque part, il a eu la vie facilitée, mais il reste le skieur le plus impressionnant de tous les temps ».

Tadej Pogacar a quant à lui été sérieusement bousculé par son rival Jonas Vingegaard pendant deux saisons. Mais le Danois n'a pas disparu, même s'il est désormais largué par le Slovène sur les courses de trois semaines. Le problème pour tous les concurrents de Pogacar est que ce dernier est devenu imbattable sur pratiquement tous les terrains : Grands Tours, courses d'une semaine, Classiques ardennaises, et même les Strade Bianche.

Des faiblesses relatives dans une domination absolue

Malgré leur domination insolente, les deux champions présentent quelques petites faiblesses. Tadej Pogacar court encore derrière Milan-San Remo et Paris-Roubaix, devant composer avec le redoutable Mathieu Van der Poel. Johannes Klaebo trouve quant à lui ses limites (toutes relatives) dans le skating et les efforts individuels, domaines dominés par son compatriote Einar Hedegart.

« Sur certaines distances d'exercice de style chrono, il y a dans la concurrence des athlètes qui ne s'entraînent que pour ça », explique Roddy Darragon. « C'est un effort poussé, surtout en skating ». Une situation qui rappelle celle de Pogacar face à Remco Evenepoel sur les contre-la-montre.

Un duel à venir sur deux roues ?

La question qui passionne désormais les observateurs concerne un éventuel duel entre ces deux phénomènes sur un terrain neutre. Après s'être interrogé sur la capacité du Slovène à battre Léon Marchand et Eliud Kipchoge sur un ironman, la curiosité se porte maintenant sur une confrontation entre le fondeur norvégien et Pogacar.

Johannes Hoesflot Klaebo a pour sponsor Uno-X, et le directeur sportif de l'équipe cycliste du même nom, Thor Hushovd, estimait à 50% les chances de voir son compatriote se reconvertir dans le vélo après les JO 2026. « Il est très proche de notre équipe », déclarait Hushovd à Nordic Mag l'année dernière. « J'ai fait une sortie avec lui et il est très compétitif ».

Avec un peu de chance, le duel tant attendu entre Pogacar et Klaebo pourrait donc avoir lieu sur un vélo. À moins qu'il ne s'agisse simplement d'un habile coup de communication. « Je pense que c'est plutôt ça », sourit Vincent Vittoz. « Le monde du vélo, l'appréhension du peloton, c'est encore autre chose ».