À quelques jours du début des Championnats d'Europe de natation, Léon Marchand ne sait toujours pas s'il pourra s'aligner sur le 400 m quatre nages, son épreuve d'ouverture. Le quadruple médaillé d'or des JO 2024, blessé à un adducteur, a confié avoir hésité à déclarer forfait « plein de fois ». L'incertitude reste entière avant le coup d'envoi de la compétition, jeudi au Centre Aquatique Olympique Métropole du Grand Paris.
Une rechute trois semaines après la reprise
Dans un entretien accordé à la presse, le nageur tricolore a détaillé les difficultés rencontrées depuis sa blessure. « Par rapport à ma blessure, j'ai quand même un peu galéré, sans vous mentir. J'ai bien progressé les premières semaines, et au bout de trois semaines j'ai commencé un peu à reprendre la brasse », a-t-il expliqué. Mais cette reprise a tourné court.
« On l'a vu avec le médecin, on flirtait un peu avec la limite, parce qu'on n'avait pas envie de perdre trop de temps, mais on avait aussi envie de faire les choses bien. Mais je me suis reblessé au même endroit trois semaines après », a-t-il révélé. Résultat : un nouveau coup d'arrêt qui l'a contraint à presque tout reprendre de zéro. « L'adducteur n'était pas encore assez solide pour faire une série en brasse. Donc je suis presque reparti de zéro », a-t-il admis. Le Toulousain devait reprendre la brasse normalement lundi, soit quelques jours seulement avant le début des championnats.
Un programme déjà amputé
Cette blessure l'oblige à revoir ses plans. « Déjà, j'ai fait une croix sur le 200 m brasse », a-t-il annoncé. Pour le 400 m quatre nages, l'incertitude demeure. « C'est le premier jour donc j'ai un peu peur de me reblesser à l'adducteur, et que ma semaine soit terminée. Donc je ne sais pas encore ce que je vais faire », a-t-il expliqué. Le nageur de 24 ans doit prendre sa décision « en début de semaine », en fonction de ses sensations.
Une situation d'autant plus frustrante qu'il avait préparé cette échéance avec de grandes ambitions. « C'est très frustrant, parce que c'est une course que j'avais vraiment envie de réussir cette année », a-t-il confié. Aux Championnats de France, il avait réalisé le cinquième meilleur temps de l'histoire sur la distance, ce qui laissait espérer une performance de haut niveau à Paris.
« J'appréhende grave »
La blessure, survenue sans signe avant-coureur, laisse des traces psychologiques. « J'appréhende grave ! Parce que quand je me suis reblessé, j'ai eu zéro signal d'alerte. Je ne l'ai pas senti venir. J'ai l'impression que je peux rechuter facilement, donc ça fait un peu peur », a-t-il reconnu. Une inquiétude légitime pour un champion qui n'avait jamais connu de pépin physique majeur.
Pour autant, il refuse de se laisser abattre. « J'ai quand même appris des choses de cette blessure. J'ai pu me concentrer sur le crawl, sur le papillon. Sur des parties aussi que je négligeais un peu, c'est-à-dire la rééducation, la prévention, un échauffement qui est plus adéquat avec ce que je fais dans l'eau », a-t-il détaillé. Une expérience qu'il veut transformer en force à l'approche des prochains Jeux olympiques.
« J'ai hésité à déclarer forfait plein de fois »
L'idée d'un forfait général a clairement traversé son esprit. « Oui, plein de fois. Il y a plein de moments où j'ai hésité parce que tu te rends compte que tu ne seras pas forcément à 100 % au moment venu », a-t-il avoué. Mais le champion a du mal à renoncer à une compétition à domicile. « J'ai essayé de me préparer et de me rapprocher des 100 % sur les autres nages », a-t-il ajouté.
Son objectif initial était de signer un gros temps sur le 400 m quatre nages, comme en témoigne sa performance aux Championnats de France. « Je pensais que j'allais pouvoir faire un gros temps. C'est surtout pour ça », a-t-il insisté, expliquant sa détermination à tenter sa chance malgré les risques.
Le rendez-vous est pris. Reste à savoir si les adducteurs de Léon Marchand répondront présent. Dans le doute, le nageur préfère rester prudent, conscient que cette blessure arrive « parce que ça devait arriver », et qu'il vaut mieux la gérer maintenant plutôt que dans deux ans, juste avant les JO. « Je préfère que ça arrive maintenant que dans deux ans, juste avant les JO », a-t-il conclu, lucide et déterminé à rebondir.



