À l’automne, la capuche qui tombe sur son regard noir, il enchaînait les tours de terrain à Grammont, en pleine convalescence, dissimulant ses doutes face à des blessures musculaires qui hachaient ses débuts professionnels. Moins d’un an plus tard, Yaël Mouanga avance à visage découvert. Le jeune défenseur de Montpellier (21 ans) a diagnostiqué sa fragilité chronique et se lance dans la saison comme un homme neuf.
Un protocole pour vaincre les blessures
« On a identifié le problème, à savoir la mobilité des hanches et le cardio. Comme je mets beaucoup d’intensité, je dois être vigilant sur mes temps de récupération. On a mis en place un protocole, que ce soit sur le cardio ou le renforcement musculaire. En concertation avec le staff du club, j’ai préservé une dynamique de travail à l’intersaison. Le but est de prendre confiance en mon corps », avoue-t-il, d’un sourire qui tranche avec ses épaules sculptées.
Libéré de cette chape de doute, le défenseur central déploie son envie toutes voiles dehors. « Je dois confirmer ce que j’ai montré un peu l’année dernière. Le but est d’avoir le plus de temps de jeu, d’être titulaire. Et prendre de plus en plus de place dans le groupe », hoche-t-il de la tête. Avec la profusion soudaine de milieu défensif (Tardieu, Meddah, Abderrebi ou Everson), sa carrière semble pivoter autour de l’axe de la défense. « Je veux m’installer durablement dans l’équipe, mais je ne me ferme aucune porte », nuance-t-il, après deux premières saisons intermittentes.
Un leader en devenir
Yaël Mouanga, repêché par Montpellier sous l’effondrement du centre de formation de Bordeaux à l’été 2024, résiste à tout et tourne le dos à hier. « J’avais déjà senti la saison passée, depuis la victoire à Bastia (2-0, en janvier), son changement. Il n’a que 21 ans, mais il est déjà très pro, très sérieux et discipliné. Mentalement, il sait ce qu’il veut, il est costaud. S’il va bien physiquement, je ne m’inquiète pas du tout pour lui », loue Zoumana Camara, qui lui confie de nouvelles responsabilités.
Brassard au bras durant la préparation, en relais du capitaine Julien Laporte, Yaël Mouanga se mue en leader. « Le football a changé. Les jeunes arrivent beaucoup plus tôt. Dans une équipe jeune comme la nôtre, on doit prendre nos responsabilités. Et ne pas attendre que quelqu’un d’autre vienne pour le faire. Moi comme les autres, on en est conscient. Et comme j’aspire au très haut niveau, il faut s’y mettre », tranche-t-il.
Des racines parisiennes et des modèles
Le robuste défenseur ne perd rien de son savoir-faire, de son goût pour les duels et la bagarre, nourri tout au long de ses années parisiennes d’apprentissage, entre Créteil et Moissy, jusqu’à ses 14 ans et son départ pour Bordeaux. « Je suis comme ça car je suis le produit de mon environnement. J’ai grandi en région parisienne. Là-bas, on a toujours grandi dans ça : les duels, le fait d’être dominateur, et l’impact physique. Comme il y a tellement de joueurs, si tu te laisses aller, quelqu’un va prendre ta place », explique-t-il.
Ce passionné de foot, happé par la Premier League, suit ce qu’il se fait de mieux en équipe de France, en Ligue des champions ou ailleurs. Il prend pour modèles Dayot Upamecano ou Pacho. « J’aime beaucoup ces deux joueurs. Au PSG, l’an passé, Pacho incarnait la régularité. Que ce soit contre Toulouse ou en Ligue des Champions, il était simple, régulier. Il ne fait pas des trucs démentiels, mais il le fait bien tout le temps, c’est ça le plus dur. Et moi, je tends à ça. Upamecano, c’est un peu la même chose : il gagne ses duels, amène le ballon vers l’avant. En équipe de France, il harangue ses partenaires par ses actes. »
Yaël Mouanga parle encore mieux de lui quand il parle des autres. Paroles ouvertes, visage découvert. Le déplacement à Dunkerque, vendredi 21 août, constitue un premier test pour le jeune Montpellier et son défenseur central, attendu pour confirmer sa métamorphose.



