Le Musée océanographique de Monaco franchit un cap symbolique avec son exposition « Méditerranée 2050 », qui vient d'atteindre le million de visiteurs depuis son lancement officiel le 29 mars 2025. Ce chiffre, publié ce lundi, constitue une donnée importante pour l'institution, qui place la sensibilisation au cœur de ses priorités.
« Nous en sommes très fiers », déclare Cyril Gomez, directeur général adjoint du musée, qui espère voir ce nombre progresser dans les mois à venir. À titre de comparaison, la précédente exposition d'envergure, « Mission polaire », avait attiré 1,7 million de visiteurs en trois ans.
Une enquête visiteurs pour mesurer l'impact
Au-delà de la fréquentation, le musée cherche à évaluer l'efficacité de sa mission : faire connaître, aimer et protéger l'océan. « Notre sujet est de savoir si on a réussi à atteindre cet objectif-là. Est-ce que nos contenus sont compris ? Mémorisés ? Et est-ce que les gens, lorsqu'ils s'en vont, ont envie de faire plus pour la Méditerranée ? », interroge Cyril Gomez.
Pour répondre à ces questions, le musée a réalisé une enquête auprès de 1 378 visiteurs. Les résultats sont encourageants : 98 % des interrogés ont compris que la Méditerranée est en danger et souhaitent transmettre les connaissances acquises lors de leur visite. 60 % affirment que leur visite leur a donné envie d'agir concrètement pour protéger la Méditerranée. Enfin, 70 % identifient l'action collective comme le principal levier de préservation.
« C'est assez encourageant, estime le directeur général adjoint. C'est même essentiel parce que si les décideurs qui ont un pouvoir d'influence n'ont pas une population engagée qui leur demande des comptes, les choses se passeront plus lentement. C'est à nous de créer cette envie d'un avenir réalisable. »
Des enseignements pour améliorer la pédagogie
L'enquête permet également d'identifier les lacunes dans la compréhension des visiteurs. « Cela nous permet d'abord de savoir si nos contenus sont lus et compris puisqu'on ne leur demande pas s'ils pensent qu'il faut polluer ou pas la Méditerranée. On leur demande plutôt de donner trois solutions pour préserver la Grande bleue qui ont été présentées dans le parcours », explique Cyril Gomez.
Un exemple concret concerne les aires marines protégées (AMP). Seulement 43 % des répondants ont déclaré avoir compris ce qu'est une AMP. « Très clairement, c'est quelque chose sur lequel il va falloir qu'on se repenche, que ce soit dans nos contenus ou dans l'exposition, pour que cet outil soit mieux compris. On a d'ailleurs consacré un épisode de notre podcast dans lequel on fait intervenir tout un tas d'experts comme Laurent Ballesta. Donc on peut dire qu'on en a déjà tiré des enseignements », précise le directeur général adjoint.
Le choix de l'utopie pour sensibiliser
Face aux prévisions alarmistes sur le changement climatique, le musée a fait le choix de l'utopie plutôt que de la catastrophe. « On aurait pu choisir la catastrophe. L'eau de la mer a récemment atteint 28 degrés, ce qui est énorme. La situation est préoccupante et on présente, notamment autour du cachalot, les grands enjeux de cette Méditerranée qui est l'une des zones qui se réchauffe le plus vite sur la planète. Mais on a fait le choix de créer un message positif. Il y a des solutions, il y en a plein qui sont mises en œuvre à Monaco. Ce qu'on veut montrer c'est que le jeu en vaut la chandelle », souligne Cyril Gomez.
L'exposition « Méditerranée 2050 » imagine un futur désirable grâce à des actions concrètes et un sursaut collectif. Cette sensibilisation dépasse désormais les frontières de Monaco : l'exposition s'est installée au cœur du nouveau quartier monégasque d'Europa-Park, premier parc de loisirs saisonnier d'Europe, situé en Allemagne. « C'est un gros enjeu pour nous. On a eu l'occasion de faire une capsule de trois minutes pour parler de la Méditerranée et planter une graine. Ce n'est pas une visite d'exposition de deux heures comme on peut l'avoir ici mais on a l'opportunité de toucher plus d'un million de visiteurs par an et on voulait la saisir. C'est quelque chose qui compte pour nous parce qu'en cumulant ces expériences on pourra créer une communauté “Océano” qui poussera dans le bon sens », conclut Cyril Gomez.
L'établissement monégasque peut accueillir jusqu'à 650 000 visiteurs par an et devrait atteindre, voire dépasser, les chiffres de fréquentation de sa précédente exposition avant d'ouvrir un nouveau chapitre. « On est déjà en train de réfléchir à la prochaine exposition mais on n'a ni décidé du thème – on en explore plusieurs – ni de sa date de fin », indique le directeur général adjoint.



