Jean, un trentenaire, a partagé sur le forum Reddit il y a deux ans l'histoire d'un amour qu'il a laissé filer. Interrogé par 20 Minutes en 2024, il confie : « Je ne peux pas savoir si cette relation aurait été LE grand amour, mais je suis passée à côté d'une histoire incroyable, c'est certain ». Cette certitude l'a poussé à répondre à la question d'un internaute : « Ça vous est déjà arrivé d'avoir eu un acte manqué en amour ? »
Une rencontre marquante en free party
Tout commence en septembre 2018, lors d'une free party en Loire-Atlantique. Jean, alors âgé de 22 ans, amateur de sound system et de techno, s'y rend avec une amie. Il y retrouve « un peu par hasard » une connaissance, Thibaut, accompagné de sa petite amie de l'époque, Anne, 19 ans. « Son apparence me captive aussitôt », avoue Jean. Il décrit Anne avec une précision qui témoigne de l'impact de cette rencontre : « Pas très grande, les cheveux bruns longs et bouclés. Des yeux légèrement en amande qui abritent un iris d'un vert océan. Un sourire radieux et quelques taches de rousseurs sur les joues qui contrastent avec son type méditerranéen. » Il se souvient même de sa tenue : « un pull en laine gris trop grand, abîmé et manifestement plus vieux qu'elle », un « baggy troué » et « une paire de Vans éclatée ».
Entre eux, « le courant passe tout de suite ». Le groupe d'amis se sépare quelques heures, permettant à Jean d'être seul avec Anne et de « faire plus ample connaissance sans sortir du cadre amical ». « Avec une pointe de frustration, parce que le contexte m'empêchait de tenter de la séduire », sourit-il. Ils échangent leurs numéros et rentrent chacun de leur côté, « son visage gravé dans ma mémoire ».
Des retrouvailles intenses au Teknival
Quelques semaines plus tard, Jean revoit Thibaut, qui lui apprend qu'il n'est plus avec Anne et qu'elle a « beaucoup parlé » de lui, souhaitant le revoir. Poussé par son ami, Jean la contacte. « Une longue relation démarre, majoritairement par messages », précise-t-il. Chaque conversation les plongeait dans des sujets profonds comme la recherche d'une place dans le monde ou le passage de l'adolescence à l'âge adulte.
L'histoire prend un tournant en 2019, lors du Teknival du plateau de Millevache, dans la Creuse. Jean apprend qu'Anne a prévu de s'y rendre. « On a alors acheté une voiture, une Saxo qui ne démarrait pas, pour la réparer », raconte-t-il. Mission accomplie, ils prennent la route. « À notre arrivée, je sors de la voiture, lève la tête et je l'aperçois, se souvient-il. Elle est là, à 30 m de moi. En même temps, je réalise que je ne l'avais même pas prévenue que je me rendais sur place. » Mais leurs regards se croisent « instantanément ». Puis, d'un pas décidé, ils se rejoignent avant de s'embrasser, ce qui deviendra leur « premier baiser ». « Sans un mot, le plus naturellement du monde, comme un couple qui ne s'était pas vu depuis des mois », retrace-t-il. La fête dure cinq jours. « À aucun moment on n'a été séparé. Ce sont les plus beaux jours de ma vie, à cette époque », confie Jean.
L'effondrement d'une promesse
Quelques semaines plus tard, une fête similaire est prévue et le couple décide de s'y retrouver. « C'était comme une lune de miel, dit-il. Je sais que je suis amoureux, et je sais qu'elle l'est aussi. » Jean comprend qu'il peut, pour la première fois depuis deux ans et sa séparation avec son ex-copine, « aimer de nouveau ». Mais les deux amoureux doivent repartir chacun de leur côté à la fin de l'événement. Anne lui propose de la rejoindre et d'emménager chez elle. « C'est là que tout s'effondre », résume-t-il.
« À cette époque, j'étais en pleine dépression, alcoolique, toxicomane et terrifié à l'idée de construire une relation, confie le trentenaire. Terrifié à l'idée du risque de l'emmener dans le tombeau de la toxicomanie. Terrifié de la décevoir, parce que je n'étais pas la personne solaire que je lui avais montrée. » À sa demande d'emménagement, il a fait « ce que n'importe quel idiot déprimé et défoncé aurait fait… Je l'ai ghostée. »
Un acte manqué, pas un regret
Il faudra plusieurs mois à Jean pour reprendre contact avec Anne. Trop tard : elle a rencontré quelqu'un d'autre. « C'est là qu'elle m'a dit : "Je t'ai aimé, sincèrement. Mais tu as refusé de prendre cet amour qui était pour toi" », cite-t-il. Depuis, plus aucune nouvelle. « Je n'ai jamais essayé d'en avoir. J'ai accepté d'avoir raté le train, j'ai accepté l'autosabotage. »
Avec le recul, Jean pense que les choses auraient pu fonctionner s'ils s'étaient « rencontrés un peu plus tard ». « J'ai eu un trou dans ma vie où je ne pouvais rien construire de sain sur le plan relationnel. Pas de chance, c'était à ce moment-là », lance-t-il. Aujourd'hui, il a refait sa vie auprès de quelqu'un qu'il considère comme « LE grand amour de [sa] vie », « rencontré au bon moment » avec qui il a pu bâtir une relation saine. « Cette histoire avec Anne est un acte manqué, pas un regret. Je n'y pense plus vraiment, à part quand j'entends On a tous une Lula de Saez. » Et Anne dans tout ça ? « J'espère qu'elle va bien », glisse-t-il simplement. Les prénoms ont été modifiés.



