Jean-Pierre Domergue, fondateur du Trèfle Lozérien, se souvient de la création de cette course mythique il y a 40 ans. De simple balade touristique, l'événement est devenu une compétition de renom, tout en conservant son âme conviviale.
Une idée née de la lassitude
En 1983, Jean-Pierre Domergue présidait le Moto Club lozérien. Le club organisait alors des épreuves de championnat de France et d'Europe. Mais en 1985, les membres, lassés de ces compétitions très cadrées, décident de changer de cap. « On a décidé d'arrêter ça et de créer une épreuve qui était plus une balade, pour faire découvrir la Lozère aux participants », explique-t-il. L'idée de départ était donc plus touristique que sportive.
Le trèfle comme symbole
Pour faire découvrir tout le département, trois boucles sont imaginées, traversant les gorges du Tarn, l'Aubrac et la Margeride. « Quand on a imaginé les circuits sur une carte, on a vu que ça formait un trèfle. D'où le nom de la course », se rappelle Domergue. Une approche novatrice pour l'époque. « On s'est dit que ça durerait quelques années et puis basta. Ça fait 40 ans, ce n'est pas rien. »
De la balade à la compétition
Rapidement, l'équipe souhaite pimenter l'affaire en ajoutant des épreuves spéciales. « On était jeunes et on a rapidement voulu pimenter l'affaire en mettant une ou deux épreuves spéciales. Et puis on s'est un peu emballés. » Cinq épreuves par jour sont finalement proposées : motocross, course de côte sur goudron, sur terre, spéciale dans des prés et test d'accélération. L'ambiance reste festive et conviviale.
Un effet boule de neige
Grâce à ses contacts dans le milieu, Domergue attire dès la première année de grands noms, comme Stéphane Peterhansel. « L'idée a plu et donc, dès la première année, on a eu pas mal de très bons pilotes », dit-il. La presse spécialisée suit, et l'événement prend de l'ampleur. Aujourd'hui, gagner le Trèfle est un objectif pour de nombreux pilotes.
Une ambiance unique
La particularité du Trèfle réside dans ses parcours « relativement faciles et agréables à découvrir », ce qui attire autant les champions que les amateurs, surnommés « poireaux ». « Ça donne une ambiance particulière à l'épreuve », souligne Domergue.
Les défis de l'organisation
Au fil des années, les difficultés se sont accrues, notamment avec les autorisations des pouvoirs publics, en raison d'une « tendance écologique un peu extrême ». Domergue déplore une « écologie punitive », alors que les motards aiment la nature et la préservent. « Si on n'avait pas tout fait pour la préserver depuis quarante ans, on n'aurait plus du tout les autorisations des communes. »
Un impact positif sur la Lozère
Le Trèfle a contribué à faire connaître la Lozère. « Je connais beaucoup de gens qui ont découvert la Lozère grâce à cet événement, de pilotes qui ont ensuite acheté des maisons secondaires ici », témoigne Domergue. Les retombées économiques sont également significatives pour les hébergements et commerces locaux.
Des souvenirs marquants
Parmi ses meilleurs souvenirs, Domergue évoque l'ambiance décontractée des premières années, avec des champions qui se baignaient dans le Tarn après les épreuves. Il se rappelle aussi d'une édition marquée par un orage violent qui a forcé l'annulation d'une étape de nuit. « Je n'en garde que des bons », conclut-il.



