Tony Vairelles : du sommet à la prison, le documentaire qui raconte tout
Tony Vairelles : du sommet à la prison, le docu

Pour les fans de foot, son nom reste indissociable de celui d’une légende. Tony Vairelles, 53 ans, a connu gloire et déboires : une irrésistible ascension, des désillusions, un passage en prison… jusqu’à sa lente reconstruction. Sur France.tv et YouTube, le documentaire Tony Vairelles, d’Or et de Sang revient aujourd’hui sur la carrière foisonnante de l’emblématique attaquant du Racing Club de Lens, et sur les péripéties de sa vie. 20 Minutes refait le match.

Un récit comme une mini-série

Pas forcément besoin d’être fan de foot pour s’intéresser au destin de Tony Vairelles. Si on l’est, c’est mieux. Et le documentaire Tony Vairelles, d’Or et de Sang, diffusé sur France.tv et YouTube dès ce 5 juin, s’annonce captivant. À défaut, l’incroyable parcours qui a conduit le joueur de l’AS Nancy Lorraine jusqu’à la case prison a aussi largement de quoi aiguiser la curiosité. Ce film (4 x 26 min) dans lequel Tony Vairelles se livre au cours d’une confession fleuve (enregistrée en mars 2026) se regarde comme une vraie mini-série, avec ses climax, ses twists… et un certain suspense entretenu par ses trois réalisateurs, Léo-Paul Therry, Samuel Marro et Renaud Gallet. On se cramponne donc au récit.

Les débuts à Nancy

Son histoire commence en 1973 dans la banlieue de Nancy dont il est originaire. « Je me rappelle de cette jeunesse où on était tous dans la rue avec les copains, on allait taper le ballon dès qu’on pouvait. » Chez les Vairelles, ils sont six frères et une sœur, une fratrie qui, avec les parents, n’aura de cesse d’encourager et d’accompagner le jeune Tony, réputé pour ne jamais rien lâcher dès lors qu’il entre sur le terrain. « Je savais qu’il avait quelque chose en plus », lâche, nostalgique, Joël Vaisse, l’ancien gardien du stade Marcel Picot, celui de l’AS Nancy-Lorraine où le petit Tony fit ses gammes.

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« Tony le rockeur » et sa coupe mulet

C’est à l’âge de 18 ans que le joueur prometteur est recruté pour un match Nancy-PSG. Le coup d’envoi d’une carrière où les promesses seront tenues. Signe particulier : outre le fait d’enchaîner les buts et d’enflammer les stades, la valeur montante du football français se distingue par… sa coupe mulet ! Ce qui lui vaut bien des surnoms, alors qu’en 1995, le RC Lens le recrute : « Tony le rockeur », « Tony le Gitan », « L’Elvis du ballon rond »… « Son côté rock’n’roll nous allait bien », se souvient Gervais Martel qui présidait alors le RC Lens. « Il dénotait un peu car il ne ressemblait pas aux stars du foot de ces années-là », rappelle de son côté Pierre Maturana, directeur de la rédaction de So Foot.

L’apogée avec le RC Lens

Acclamé, idolâtré, Tony Vairelles fait la fierté de sa famille toujours à ses côtés, de son club, mais aussi de toute la région. Et non content d’avoir la gagne, l’attaquant est aussi un chic type, « un putain de gentil en fait » même, comme précisé dans le film. L’apogée du joueur Sang et Or (les couleurs emblématiques du RCL) a lieu en 1998, lorsque son club joue la finale de la Coupe de France 1998 contre le PSG. À la 92e minute, Vairelles égalise le score à 1-1, mais le PSG finit par l’emporter par 2-1.

De la nostalgie, mais pas trop

De la simplicité évidemment teintée de fierté émane du récit que fait Tony Vairelles de sa carrière. De la nostalgie, mais pas trop, lorsqu’après ces heures de gloire entrées dans l’histoire, le footballeur finit un peu par se perdre. S’il fut appelé en équipe de France dès 1998, l’entraîneur Aimé Jacquet ne l’intègre pas sur sa liste pour participer à la Coupe du Monde. Tony Vairelles ne disputera d’ailleurs son premier match avec le maillot des Bleus qu’en août 1998, un mois après la finale triomphale de l’équipe de France. Huit sélections au total et s’en ira. « Il semblait un peu perdu, j’avais l’impression qu’il ne se mettait pas au niveau des champions du monde. Il avait un immense respect, il ne voulait pas déranger. Moi, ça m’avait frappé », se souvient aujourd’hui l’ancien international français Emmanuel Petit.

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Retour à Nancy et la descente

Sur le terrain, la carrière de Vairelles passe dès lors d’un club à l’autre : après Lens, le joueur enchaîne avec l’Olympique Lyonnais (« c’était devenu le foot business », lâche Vairelles), passe par les Girondins de Bordeaux, le SC Bastia, le Stade Rennais, Lierse, Tours… Jusqu’à ce qu’en 2009, il reprenne le FC Gueugnon. Deux saisons éprouvantes à tenter de remonter le club avec sa famille. En vain. Comme bouclant la boucle, l’ex-champion rentre à Nancy où le destin lui réserve un mauvais tour. « Ma vie s’est arrêtée à ce 22 octobre 2011 », confesse Tony Vairelles dans le documentaire. Ce soir-là, il fut réveillé en pleine nuit par un appel à l’aide d’un de ses frères, en pleine bagarre avec les videurs du « 4 As », une boîte de nuit d’Essey-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle). Tony Vairelles débarque et… des coups de feu éclatent. Carton rouge.

La prison et la reconstruction

Mis en examen (initialement pour tentative d’assassinat), le footballeur fut d’abord condamné à 5 ans de prison. Après appel, sa peine tomba à 18 mois aménageables. S’il ne resta finalement que 5 mois derrière les barreaux, Tony Vairelles continue aujourd’hui encore de clamer son innocence. On perçoit cependant à la voix chevrotante du joueur une forme de résignation. Bien qu’évoquant une « erreur judiciaire », Tony Vairelles porte seul devant la caméra le fardeau qui a aussi précipité une partie de sa famille dans l’abîme : quatre de ses frères étaient impliqués dans cette triste affaire. Et son père n'aura pas connu l'issue du procès. Reste un film hommage, une confession qui n’écorne nullement l’image du champion, l’histoire d’une fierté française, qui poursuit sa reconstruction. Le « joueur vintage et culte » décrit par le journaliste de So Foot a visiblement conservé toute son aura.