Recruté cet hiver par le Montpellier Handball, le pivot brésilien Rogério Moraes, 31 ans, arrive avec une solide expérience internationale. Après des passages en Macédoine, en Hongrie, au Portugal et surtout en Allemagne, championnat considéré comme le meilleur du monde, il s'apprête à découvrir la Starligue. Dans un entretien, il se confie avec humilité sur sa nouvelle vie, ses attentes et ses souvenirs marquants.
Une adaptation en douceur à Montpellier
Interrogé sur ses premiers pas dans la ville, Moraes se montre enthousiaste : « La vie à Montpellier est très belle. Je n'ai pas encore eu beaucoup de temps pour découvrir la ville, je suis là depuis seulement quelques jours. On a fait un stage de pré-saison en montagne, donc je découvre petit à petit. Mais il fait bien meilleur ici qu'en Allemagne, et il y a plein de choses à faire. J'aime beaucoup Montpellier. Je suis déjà venu jouer plusieurs fois ici et j'en garde toujours de bons souvenirs. »
Concernant la langue, le Brésilien admet ne pas encore maîtriser le français : « Non, pas encore. Je comprends quelques trucs parce que c'est très proche de l'espagnol et du portugais. Il y a beaucoup de mots que je comprends, mais je dois encore commencer à étudier sérieusement. Je comprends déjà un peu le système, ce que veut l'équipe, ce que dit le coach. Quelques petites choses, mais pas encore assez pour vraiment communiquer. »
Pourquoi avoir choisi Montpellier ?
Après dix ans en Europe, Moraes explique les raisons de son transfert : « J'ai déjà beaucoup changé d'équipes au cours de ma carrière. J'ai joué dans le championnat allemand, hongrois, portugais, macédonien... J'ai passé trois ans en Allemagne, une ligue très compétitive, d'un niveau très élevé. Et je pense que c'était une bonne opportunité de découvrir aussi la ligue française, qui est l'un des meilleurs championnats du monde. J'avais envie de tester, de voir l'intensité, de découvrir d'autres façons de jouer, d'autres systèmes. C'était un point fondamental pour moi. »
Il ajoute : « C'est un club historique en handball, avec une très bonne structure, ce qui m'avait un peu manqué ailleurs. Ça a pesé dans ma décision : venir dans un club structuré, dans une ville avec beaucoup de choses à faire, où il ne fait pas trop froid. Et puis j'avais aussi envie de changement. Depuis dix ans, j'ai toujours été avec un entraîneur espagnol, avec les mêmes systèmes, les mêmes choses. Je voulais avoir la chance de m'entraîner avec un autre style de jeu. Et je pense qu'Éric (Mathé) a un style différent, tout comme Montpellier a un jeu très différent de ce à quoi j'étais habitué. Ça va m'aider à enrichir mon répertoire en tant qu'athlète. »
Une équipe jeune et rapide
Avant de rejoindre le MHB, Moraes avait une bonne image de l'équipe : « Montpellier a fait une super saison l'an dernier. Ils ont gagné la Coupe de France, sont allés en finale de Ligue européenne – où je jouais aussi avec mon ancienne équipe. C'est une équipe très jeune, qui joue très vite, avec le gardien qui se connecte beaucoup avec les ailes pour lancer la transition rapide. C'est une équipe qui va vite et qui a obtenu d'excellents résultats. On doit suivre cette dynamique. On a les joueurs pour. Peut-être qu'avec un ou deux nouveaux, on pourra ajouter des alternatives, quelque chose de différent au jeu déjà en place. »
Sur le championnat français, il se montre curieux : « J'ai suivi un peu l'année dernière. J'ai parlé avec Dainis Krištopāns, Erik Balenciaga. Ils m'ont un peu expliqué. Ils m'ont dit que c'était très physique, mais que l'intensité n'était pas aussi forte qu'en Allemagne. Je suis curieux, impatient de voir. Tu peux entendre plein de choses, on peut te raconter comment ça se passe, mais tu ne sauras vraiment qu'au moment de jouer. Donc j'ai hâte de voir comment ça va se passer. »
Un compatriote pour faciliter l'intégration
La présence d'un autre Brésilien, Bryan Monte, a joué un rôle dans son transfert : « Un peu, oui. C'est moi qui l'ai appelé pour lui demander comment ça se passait ici, la méthode d'entraînement, comment était le coach. Il a été le premier à savoir que Montpellier s'intéressait à moi. On en a parlé un peu et il m'a expliqué comment ça fonctionnait. Et bien sûr, ça aide d'avoir un compatriote, un autre Brésilien dans l'équipe. Bryan Monte est super sympa, toujours prêt à aider, très communicatif. C'est génial d'avoir un Brésilien, un ami de sélection dans l'équipe. On parle beaucoup, on parle portugais en Europe, c'est vraiment chouette. »
Pression et ambitions
Malgré son expérience, Moraes ressent la pression, mais la voit positivement : « Il y a de la pression partout. Tous les travailleurs ont de la pression, on doit tous obtenir des résultats. Pour nous, les athlètes, ce n'est pas différent. Mais je pense que la pression, ce n'est pas une mauvaise chose. C'est bon signe. Ça veut dire que tu es important pour l'équipe, que les gens croient en toi et que tu dois donner le meilleur de toi-même. Il faut voir la pression du bon côté. Moi, j'aime ça. J'ai toujours eu de la pression dans tous les clubs où j'ai joué, et ici ce sera pareil. »
Il fixe ses ambitions : « Personnellement, dans tous les clubs où je suis passé, il y a toujours eu une progression à partir du moment où je m'adaptais. L'équipe finissait toujours bien la saison. Montpellier a déjà eu de très bons résultats ces dernières années. Je pense que moi, comme les autres nouveaux joueurs, on est venus pour aider, pour s'intégrer au système de jeu du club et franchir un cap, pour essayer de remporter tous les titres possibles. On va beaucoup travailler cette saison. »
Un rôle polyvalent
Interrogé sur son rôle, il répond avec humour : « Il faut poser la question au coach, je ne sais pas. Je suis là pour faire tout ce qu'il veut. Je pense qu'avec mes qualités, je suis un pivot qui pose de très bons écrans en attaque. Je peux libérer des espaces pour mes coéquipiers afin qu'ils puissent mieux attaquer, être dans de meilleures positions pour tirer. En défense, je peux aussi aider au centre. Je suis là pour apporter. Et si le coach veut me mettre gardien, je suis prêt aussi ! (rires) »
Souvenir d'une demi-finale mémorable
Moraes se rappelle de la demi-finale de Ligue des champions 2018 entre Skopje et Montpellier, où il avait égalisé à la dernière minute : « Cette demi-finale, c'était une mauvaise expérience. On venait de gagner la Ligue des champions en 2017. Donc en 2018, on était de retour au Final Four, très confiants, avec une très bonne équipe, les meilleurs joueurs. C'était un Final Four 100 % français : Paris, Nantes, Montpellier. Malheureusement, on a fait un très mauvais match. Surtout nos gardiens, qui ont eu des stats très faibles. Pourtant on avait le meilleur gardien de l'histoire du handball, Arpad Sterbik. Mais sur ce match, il n'a pas été bon, et nous non plus en défense. On a été très mauvais. On a perdu d'un but. Je me souviens encore de ce but, marqué par Simonet, au-dessus de la tête de Maqueda. Mais bon, c'est le sport. Aujourd'hui, c'est drôle d'être à Montpellier, c'est une histoire. C'était dur, j'étais très triste et déçu cette année-là. »
Un message aux supporters
Enfin, il adresse un mot aux fans du MHB : « Je pense que je n'ai même pas besoin de les inviter à venir. Quand je suis venu jouer ici, j'ai vu qu'ils étaient toujours là. Toujours présents pour soutenir l'équipe. Je crois que cette saison, on aura une équipe très compétitive. On va se battre pour tous les titres possibles. Et on aura besoin d'eux. Sans les supporters, on n'est rien. Sans eux, le club ne peut pas atteindre ses objectifs. La connexion entre les joueurs et les fans, ça change tout. »



