Violences PSG : 890 interpellations, pourquoi le foot dérape-t-il en France ?
PSG : 890 interpellations, pourquoi le foot dérape en France ?

Après la fête, la défaite… À peine le Paris Saint-Germain sacré pour la seconde fois d’affilée en Ligue des champions ce samedi 30 juin, des débordements ont éclaté dans la capitale et ailleurs en France. Ce lundi, Laurent Nuñez a annoncé « plus de 890 interpellations » par rapport à 2025 au cours du week-end. Un chiffre en hausse de plus de 45 % par rapport au titre de 2025, qui avait déjà été marqué par des violences.

En 2018 déjà, pour « l’autre » seconde étoile des Bleus cette fois, des débordements avaient été constatés. De quoi faire dire à plusieurs observateurs, dont Marine Le Pen par exemple, qu’« il n’y a qu’en France où la victoire d’un club de foot provoque des émeutes ». Laurent Nuñez, lui, n’y voit « rien d’inéluctable » dans ces événements. Mais alors pourquoi est-ce devenu presque systématique autour du football et du Paris Saint-Germain en particulier ?

Des violences autour du football dans tous les pays d’Europe

Premier élément à prendre en compte, il n’y a pas que dans l’Hexagone que la violence et les heurts entourent le ballon rond. Interrogé par 20 Minutes, Fabien Jobard, directeur de recherche au CNRS, cite en exemples proches l’Allemagne, l’Italie ou les Pays-Bas. L’Espagne et les pays d’Europe de l’Est connaissent aussi des affrontements entre supporters et la police.

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Si beaucoup de ces exemples concernent des clubs de supporters qui s’opposent entre eux ou des hooligans organisés, comme à Cologne (Allemagne) en 2014 quand des milliers de militants d’extrême droite s’étaient réunis pour défier la police, la situation vue lors des deux sacres du Paris Saint-Germain reste assez différente.

La force du nombre…

Par son nombre d’abord. Le football est le sport roi en France et dans le monde entier. Par là, il draine énormément de monde. « Vous avez des dizaines de milliers de supporters qui sortent dans la rue pour festoyer. Et dans cette foule, vous avez une infime partie de personnes qui cherchent l’affrontement et la foule leur permet de s’y dissimuler aisément », explique le sociologue.

De plus, il y a toujours dans les fêtes collectives « une dimension carnavalesque » explique Fabien Jobard, au sens où le carnaval, « c’était ce moment où l’espace de quelques heures, ou alors de quelques jours, on abroge les normes et on provoque l’autorité ». Des petits groupes, plus ou moins organisés, qui visent la casse et le vol, peuvent aussi provoquer un phénomène d’entraînement chez d’autres personnes présentes.

… et une sociologie particulière

Là où le public du football est beaucoup plus transversal dans sa représentation de la société chez nos voisins, en France, si les CSP+ tentent de s’y intéresser depuis 1998, le ballon rond reste majoritairement un sport populaire. C’est notamment le cas du PSG comme l’indique Fabien Jobard : « C’est un club qui fait l’objet d’un soutien populaire, notamment dans les villes de banlieue parisienne. Des villes qui sont marquées par une longue histoire d’affrontements avec la police. »

Aussi, avec une forte présence policière autour de ces événements (22 000 en France samedi, dont 8 000 à Paris) « les moments de festivité sont une opportunité pour activer des comportements qui sont ceux qu’on retrouve lors des émeutes urbaines et des protestations contre les violences policières ». Un phénomène marginal selon le sociologue mais « tout à fait notable » explique-t-il, et amplifié par l’utilisation de fumigènes, feux d’artifice et autres mortiers.

Des ustensiles de fête mais qui peuvent avoir le double usage de servir d’armes contre les forces de l’ordre notamment. « Dans ces moments-là, il y a une recherche d’excitation, de transgression. Ça dure quelques heures et c’est assez vite maîtrisé. Mais le lendemain, ça laisse voir des incendies, des dégradations et parfois des blessures graves pour les policiers », explique Fabien Jobard.

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