Porsche Mobil 1 Supercup : la course la plus spectaculaire du GP de Monaco
Porsche Supercup : la course la plus spectaculaire du GP Monaco

La Porsche Mobil 1 Supercup, avant-goût explosif du Grand Prix de Monaco

Avant que les Formule 1 ne déferlent dans les rues de la Principauté, une course de l’ombre fera raisonner les murs plus fort que toutes les autres. Les 28 pilotes de la Porsche Supercup s’élanceront dans une course promise comme la plus rapide de son histoire cette année.

En amont de la course F1, à 11h45, les Porsche 911 GT3 s’élanceront sur le circuit du Grand Prix de Monaco. Le vrombissement de leur moteur est assourdissant, peut-être encore plus que celui d’une Formule 1. D’ailleurs, leurs pneus seront les derniers à faire brûler l’asphalte avant les monoplaces les plus rapides du monde ce dimanche 7 juin. À 11h45, les 28 pilotes de Porsche 911 GT3 s’élanceront sur le circuit historique de la Principauté pour la 34e fois. « Sans doute la course la plus spectaculaire du week-end », selon François Ardisson, directeur de la course pour l’Automobile Club de Monaco.

Un privilège et un défi unique

« Pour nous, être à Monaco en soutien de la Formule 1 est un véritable privilège », lâche, heureux, Peter Roberts, son homologue du côté de la Porsche Mobil 1 Supercup. « Le cadre est unique, notre paddock est à distance de la piste. Donc nous devrons emmener les voitures de course sur la voie publique, avec une escorte policière tout au long des tunnels pour rejoindre la piste. » Cette étape monégasque est d’autant plus cruciale qu’elle marque le grand coup d’envoi de la saison. Et sur la piste, la tension est palpable et le droit à l’erreur n’existe pas.

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Théo Oeverhaus, pilote allemand de l’écurie Martinet by Alméras, qui s’est hissé sur la deuxième marche du podium l’an passé, connaît ces redoutables pièges par cœur. Pour lui, la section la plus effrayante reste l’enchaînement ultra-rapide de la Piscine : « On saute sur les vibreurs près du mur », mime-t-il, sourire aux lèvres. D’ailleurs, l’absence de vibreur à l’intérieur de certains virages rend l’appréciation du point de corde particulièrement complexe : « Si on est trop près et qu’on touche le mur, c’est fini. » Une dure réalité qu’il a frôlée de très près lors de la dernière édition, lorsque les pilotes situés juste derrière lui se sont violemment accrochés. L’édition 2025 avait justement été raccourcie en raison du crash.

Pour Caleb Sumich, jeune pilote australien qui découvre le tracé mythique pour la première fois de sa carrière, l’excitation se mêle logiquement à la nervosité. Sur ce circuit où les dépassements tiennent souvent du miracle, sa stratégie est claire : « Les qualifications sont la chose la plus importante de ce week-end. Si vous vous qualifiez devant, vous ferez la course devant », explique le pilote de l’écurie autrichienne. Son objectif ? Accrocher le Top 10 et terminer premier des rookies (débutants), tout en gérant une voiture nettement plus lourde qu’une monoplace, ce qui exige des sorties de virages chirurgicales.

Une nouvelle Porsche pour cette saison 2026

Cette année, les enjeux sportifs sont d’ailleurs décuplés par une nouvelle machine. La version « Gen 2 » fait son entrée sur le bitume. Cédric Cartereau, mécanicien pour BWT Lechner Racing depuis 2017 et vainqueur ici même avec le pilote Harry King en 2023, plonge sous le capot de la bête. « Mécaniquement, ça reste la même voiture, c’est le même châssis. Mais tout ce qui est pare-chocs avant, ailes, portes, c’est désormais du carbone recyclé. Le moteur est aussi plus puissant. » Les écuries mobilisent au moins un mécanicien par voiture, un chef mécano par équipe supervise leur travail.

Dans les stands, le travail d’orfèvre de Cédric est cependant strictement encadré pour garantir l’ADN « One-Make » (monotype) de Porsche. La hauteur de caisse est scrutée au millimètre près, sous peine de disqualification immédiate. Même politique pour le moteur : s’il y a la moindre casse, l’équipe n’a pas le droit d’y toucher, c’est l’assistance officielle Porsche qui prend le relais. Conséquence directe selon Théo Oeverhaus : « Tout le monde a la même voiture, le même matériel, donc tout se joue sur le pilote. »

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Mais le véritable séisme de cette saison 2026 se trouve dans l’électronique. L’ABS (système antiblocage des freins), autrefois banni de la Supercup pour privilégier le pilotage à l’état brut, est désormais obligatoire. Cédric Cartereau estime que « Porsche voulait s’adapter aux règles de toutes les séries GT au-dessus, qui utilisent l’ABS ». Selon plusieurs pilotes, cette nouveauté simplifie la conduite, certains la définissant comme une assistance « pour les amateurs ». Pour d’autres, l’ABS les forcera à se montrer « un peu plus agressifs » afin d’espérer arracher un dépassement. Peter Roberts partage cet avis : propulsé par une puissance accrue et une aérodynamique retravaillée, le directeur de course s’attend à un sprint plus bagarreur. Il pronostique même l’établissement d’un « nouveau record au tour dès ce week-end. »

La place donnée à la crème de la crème des espoirs

Pour dompter ces somptueuses machines pesant près de 1 280 kilos et pouvant monter jusqu’à 260 km/h, la Supercup s’assure d’attirer les plus grands espoirs du sport automobile mondial. À l’image de Marcus Armand, il effectue sa toute première apparition entre les rails de Monaco. Ce jeune prodige français de 19 ans sait pertinemment qu’il joue gros : « C’est ici qu’on peut perdre le championnat. Parce que si tu casses et que tu marques 0 point sur 10, tu commences mal. Il faut savoir ne pas prendre trop de risques et doser son effort. »

La pépite de l’automobile fait partie d’une élite choisie et accompagnée par Porsche, explique les impitoyables séances de la sélection des rookies, qui lui ont permis d’arriver jusqu’ici. « Il y a 12 championnats dans le monde, comme la Coupe France ou la Coupe d’Europe. Tous les ans, ils font une sélection et ils prennent les 12 meilleurs. » Après avoir fait ses armes avec succès en F4 puis en championnat GT en France, Marcus a dû faire ses preuves lors de l’ultime sélection Junior. Un test qui s’étale « pendant 4 jours sur un circuit d’essai ». Ce n’est qu’au bout de cette épreuve de vérité que seuls deux élus ont gagné le droit de s’installer dans le baquet de la Supercup. « L’objectif, c’est de nous emmener dans le très haut niveau. La Porsche en est le meilleur tremplin, et Monaco le meilleur décor. »