Moisés Caicedo : des fleurs au cimetière à la Coupe du monde 2026
Moisés Caicedo : des fleurs au cimetière au Mondial 2026

Le milieu équatorien de Chelsea Moisés Caicedo dispute son deuxième Mondial de football depuis le 11 juin. Le joueur le plus cher de l’histoire du football anglais (116 millions d’euros) a prolongé pour sept ans avec le club londonien.

Des débuts modestes dans un quartier populaire

C’est entre les petites maisonnettes serrées d’un quartier populaire équatorien que Moisés Caicedo a soulevé ses premiers trophées, des coupes en plastique doré prêtées par un voisin pour donner le goût de la victoire à un groupe d’enfants. De cette époque reste une photo précieusement conservée par Jeremy Cedeño, ami d’enfance du milieu défensif de Chelsea qui dispute à 24 ans son deuxième Mondial depuis le 11 juin.

On y voit Caicedo agenouillé, entouré de cinq autres jeunes coéquipiers, affichant un immense sourire, ses mains enserrant la petite coupe des vainqueurs de ce tournoi du quartier populaire de Mujer Trabajadora, dans la province de Santo Domingo de los Tsachilas (centre). “Il n’y avait même pas d’arbitre… Oh là là, qu’est-ce que ça mettait des coups”, se remémore auprès de l’AFP Jeremy Cedeño.

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De la vente de fleurs au sommet du football

Ce même sourire, Caicedo l’affichait sur son visage radieux en soulevant la Coupe du monde des clubs remportée avec les Blues aux États-Unis en juillet 2025. Autour de sa taille, il avait ceint le drapeau équatorien. “On est supers fiers” de lui, “parce qu’il vient d’ici, du quartier, où il jouait pieds nus”, dit M. Cedeño, secouriste de 24 ans.

Le transfert de Caicedo de Brighton à Chelsea, pour un montant de 116 millions d’euros selon Transfermarkt, a constitué en 2023 un record pour le football anglais. Il vient de prolonger pour sept années supplémentaires avec les Blues, dont il est une pièce essentielle avec 31 matches disputés cette saison, 3 buts, 1 passe décisive.

Issu d’une fratrie de dix, Caicedo, benjamin, vendait des fleurs dans un cimetière pour aider sa famille. Il est devenu le joueur le plus cher de la sélection équatorienne, avec laquelle il a débuté à tout juste 18 ans et totalise déjà 60 feuilles de match (3 buts).

Une icône dans sa ville natale

Dans sa ville natale de Santo Domingo, le visage de Caicedo s’affiche sur des fresques murales, des maillots et même sur les protège-tibias des enfants qui rêvent de suivre ses traces, comme Julian Hidalgo, neuf ans. Le petit garçon qui dit admirer l’intelligence et la vitesse de Caicedo est entraîné par le même éducateur, Ivan Guerra.

“On rappelle que dans cette école de foot a commencé Caicedo, que le terrain c’était de la boue, des cailloux, du sable avec parfois des éclats de verre […] On apprend aux gamins à travailler dur s’ils veulent réaliser leurs rêves”, dit à l’AFP Ivan Guerra, 58 ans. Il se rappelle avoir vu Caicedo pour la première fois jouer dans la rue avec ses copains, les galères financières pour pouvoir organiser des matches et comment Caicedo l’aidait à garder des voitures dans le quartier festif de la ville pour gagner quelques pièces pour le club.

“Un gamin parmi tant d’autres”

Darwin Castillo a lui entraîné Caicedo à l’adolescence au club de Jaipadida. Il se souvient de ce garçon timide, à l’époque “un gamin parmi d’autres” mais qui se distinguait déjà par une volonté farouche et une dimension physique particulière. “La discipline de Moisés vient de son éducation à la maison […] une famille très pauvre qui priait avant de manger”, raconte-t-il.

“Depuis tout petit, j’ai toujours voulu devenir footballeur professionnel” tout en restant “le même garçon humble qui n’oublie pas d’où il vient”, avait déclaré Caicedo l’année dernière en recevant une décoration de l’Assemblée nationale. Et selon M. Castillo, il a tenu parole. Il a “le sens de l’appartenance et il est encore en train de combler ou de faire des choses qu’il n’a pas pu faire durant son enfance”, faute d’argent, explique-t-il.

Ses vacances, Caicedo les passe en Équateur, va à la plage, monte sur la grande roue, tape dans le ballon avec ses anciens entraîneurs et amis, pour redevenir, le temps d’un instant, ce petit garçon qui soulevait des trophées en plastique.

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