Michel Boéri, président de l'ACM, évoque son avenir à la veille du Grand Prix 2026
Michel Boéri évoque son avenir avant le GP 2026

À la veille du Grand Prix F1 de Monaco 2026, le président de l'Automobile Club de Monaco (ACM), Michel Boéri, s'est livré dans un entretien exclusif avec Monaco-Matin. À 87 ans, il évoque son avenir à la tête de l'institution, n'excluant pas une nouvelle candidature, et revient sur plus de cinquante ans de passion et de défis.

Un premier Grand Prix sous le signe du stress

Interrogé sur son premier Grand Prix en tant que président en 1972, Michel Boéri confie avoir eu le « trouillomètre au maximum ». Il explique que tout était à refaire, avec des moyens limités et une météo pluvieuse. « Il fallait reprendre tout à zéro, trouver de l'argent et convaincre le gouvernement », se souvient-il.

La menace constante sur le Grand Prix

Selon lui, le Grand Prix de Monaco a toujours été menacé, plus que toute autre épreuve. Il raconte les négociations difficiles avec les instances internationales, notamment avec Jean-Marie Balestre et Bernie Ecclestone. « Il faut se battre, parfois le résultat est positif, parfois négatif, mais on ne laisse pas une maison branlante », affirme-t-il.

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Il insiste sur l'importance de maintenir le standing de l'événement : « Miami fera toujours mieux un barbecue sur la plage que nous au Larvotto. Ce qu'attendent les gens chez nous, c'est la tradition, le savoir-vivre, l'élégance. »

Des anecdotes croustillantes

Michel Boéri évoque avec humour les tensions passées. À propos de Balestre : « Une torgnole n'était pas forcément un acte d'agression épouvantable. Balestre était autoritaire, mais efficace. » Il raconte aussi un épisode avec Ecclestone, qui avait lancé une grève pour obtenir une augmentation du plateau. Boéri avait fait bloquer les accès avec des camions de sable, forçant la discussion. « Il fallait bomber le torse », conclut-il.

Un avenir incertain

Interrogé sur son départ, le président de l'ACM se montre évasif : « Je veux créer le suspense. Il ne faut pas croire que tous ceux qui se présentent vont me piétiner le ventre. » Il conditionne une éventuelle reconduction à la réalisation d'objectifs pour le club, notamment l'obtention de terrains pour sécuriser l'avenir du Grand Prix au-delà de 2035.

« Dans l'intérêt du club, et seulement jusqu'au moment où j'aurai obtenu ce que je pense nécessaire, il est clair que je pourrais me représenter », précise-t-il. Une fois la mission accomplie, il envisage de prendre du recul : « Je serai sur mon bateau à regarder les girelles. »

Le centenaire du Grand Prix en 2029

Interrogé sur le centenaire en 2029, Michel Boéri relativise : « Rien ne dit que je sois encore vivant. Mon objectif est que le gouvernement comprenne l'urgence d'avoir des terrains pour protéger l'avenir du Grand Prix. »

Malgré les critiques, il se dit fier de son bilan : « Depuis plus d'un demi-siècle, j'ai ramené au moins 5 milliards à Monaco. Peut-être que je n'ai pas été parfait, mais mon bilan n'est pas négatif. »

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