Demi-finale Top 14 : MHR, seul contre tous, vise la finale après une résurrection
MHR-Stade Français : le ressort intime d'un Montpellier revenu de nulle part

Le Montpellier Hérault Rugby défie le Stade Français ce samedi à Marseille en demi-finale du Top 14. Moins de deux ans après avoir frôlé la relégation, le club héraultais, fort de 22 victoires sur ses 25 derniers matches, vise une place en finale. L'histoire d'une résilience.

Un statut d'intrus assumé

Mal aimé, méconnu, mésestimé. Seul contre tous, et pourvu que ça dure, réclame intimement le MHR à l'heure de défier le Stade Français en demi-finales du Top 14 et de s'inventer un samedi soir de fièvre. La ritournelle a si bien fonctionné depuis le début de saison que les Cistes s'arc-boutent à leur statut d'intrus comme un coquillage sur son rocher. Toulouse, Racing 92, Paris, la capitale du rugby s'est donné rendez-vous à Marseille, ce week-end au Vélodrome, tandis que le club montpelliérain, sur qui personne n'aurait misé un euro, se retrouve à jouer les trouble-fête envers et contre tou(s).

Comme toujours quand on revient de nulle part, le ressort du "pestiféré" fait figure d'étendard face à l'adversité, plus expérimentée et rompue aux derniers carrés.

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Résilience et ambition

Au bord du précipice il y a deux ans lors d'un match de barrage irrespirable à Grenoble (18-20), le MHR répète à l'envi ces dernières semaines l'aphorisme de Nietzsche ("Tout ce qui ne tue pas rend plus fort"), histoire d'illustrer son ambition désormais ouvertement assumée de renverser l'ordre établi. Montpellier n'a rien à perdre mais au contraire tout à gagner, y compris une sympathie naissante et sincère à faire tressauter de son siège le président Mohed Altrad.

Personnage controversé, le patron a toujours été étranger à la "grande famille du rugby", qui le lui a rendu avec la même intransigeance. Si l'ère Altrad doit s'achever sur la sanction d'un procès en septembre pour corruption active et trafic d'influence, au moins ce dernier aura-t-il vécu sa plus belle saison en quinze années de pouvoir. Au crépuscule d'un printemps de tous les possibles, Montpellier a donc la cote.

Une osmose magnifique

Alors bien sûr, sur la foi de ses résultats (22 victoires lors des 25 derniers matches, toutes compétitions confondues), le vainqueur du Challenge européen voisine avec l'étiquette d'un potentiel candidat au doublé. Ce n'est pas la moindre des réussites du manager Joan Caudullo qui, en sus, a créé avec ses joueurs une osmose magnifique, authentique et vertueuse, fatalement séduisante. Il n'y a pas d'escroquerie, tout est raccord, les Cistes ont le "truc". Après avoir infligé des raclées à tout le monde à domicile, les "provinciaux" ambitionnent maintenant de voir la Tour Eiffel. En toute logique.

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