Cotignac : le marché reprend vie après l'incendie du Gros Bessillon
Cotignac : le marché reprend vie après l'incendie

Ce mardi 4 août, le marché de Cotignac a connu une affluence exceptionnelle, malgré l'incendie du Gros Bessillon qui n'était toujours pas déclaré « fixé » au moment de la clôture de cet article. Les touristes, nombreux, ont répondu présent, apportant un soulagement bienvenu aux commerçants locaux.

Une reprise encourageante sur le cours Gambetta

Sur le cours Gambetta, les stands du marché ont été montés et font le plein. Les terrasses des restaurants et des cafés alentours affichent complet. Nathalie Roubaud, patronne du Château Nestuby, bar à vin, ne cache pas sa surprise : « C'est la folie ! À croire que les gens se rattrapent de n'avoir pas pu venir pendant des jours. »

Cette reprise est d'autant plus remarquable que le feu du Gros Bessillon n'est pas encore maîtrisé. Tout autour du village et des communes voisines – Correns, Pontevès, Montfort… –, les collines calcinées rappellent la menace persistante. « L'inquiétude est toujours là, confirme Nathalie Roubaud, viticultrice et adjointe au maire déléguée au tourisme et à l'agriculture. Surtout, quand on voit la météo… »

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Les touristes solidaires malgré le contexte

Les visiteurs, conscients de la situation, n'ont pas semblé préoccupés. Caroline et sa famille, originaires du Pas-de-Calais, ont choisi ce mardi pour découvrir le village : « Depuis plus d'une semaine, on regardait l'évolution de l'incendie pour savoir si on pouvait venir », explique-t-elle. Sabine et Nick, un couple de Belges arrivés trois jours plus tôt, ont hésité à annuler leur séjour à Tavernes, d'où ils ont vu les fumées. « Mais nous avions déjà payé », note Sabine.

Armandine et Nicolas, en camping dans les Alpes-de-Haute-Provence, insistent : « Il faut continuer à venir, c'est important pour les petits commerçants. » Jérôme et Sabrina, qui les accompagnent, ajoutent : « Pour nous, c'est facile, alors que pour ceux qui ont tout perdu dans les incendies… »

Un impact économique majeur

Cette solidarité réconforte Nathalie Roubaud. L'économie locale a subi un coup dur, avec une perte estimée à au moins 50 % par Jean-Christophe Escaillon, nouveau patron du Café du Cours. « Pas sur n'importe quelle période : la meilleure. Perdre quinze jours en ce moment, c'est énorme », déplore-t-il. « Et ça ne se rattrape pas, renchérit la viticultrice. On a besoin de journée comme celle-ci. »

Le bilan est lourd : « Sept mille hectares brûlés sur le canton, c'est gigantesque ! », compte Nathalie Roubaud, vice-présidente de l'office de tourisme de la Provence verte. Les annulations sont nombreuses, même si rien n'est encore chiffré. « Ceux qui devaient arriver pendant le feu ne sont pas venus. Et bien sûr que nous remboursons quand c'est justifié. »

Préserver l'image du village

Malgré tout, Nathalie Roubaud veut rassurer : « Le village n'est pas abîmé et nous, on existe, on vit ! » Une position ferme face à une image de marque potentiellement endommagée. Fabien Schmitt, patron du Café de l'Union, estime que Cotignac jouit d'un statut particulier dans le Haut Var, qui « reste authentique ». « Ce n'est pas avec un incendie que tout va dégringoler ! », positive-t-il.

Ce mardi de marché semble lui donner raison. « On a un genou à terre, mais on n'est pas mort ! », clame Nathalie Roubaud. Elle s'interroge néanmoins sur les conséquences pour le tourisme hors saison, « là où il va falloir se battre ».

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