Charles Leclerc : « Notre meilleure chance de gagner, c’est ici » avant Monaco
Leclerc : « Notre meilleure chance de gagner, c’est ici »

Publicité « Notre meilleure chance de gagner, c’est ici » : On a rencontré Charles Leclerc avant les premiers essais libres du Grand Prix de Monaco. La Scuderia Ferrari peut-elle renouer avec le succès ce week-end en renversant des Mercedes jusque-là invincibles ? À domicile, Charles Leclerc ne cache pas qu’il a une belle carte à jouer.

Une journée presse bien rodée

Pour lui comme pour ses 21 compagnons du « F1 Circus », c’est la course avant la course. Encore plus ici qu’ailleurs. Ce jeudi matin, la copieuse journée presse monégasque réglée comme du papier à musique de Charles Leclerc a démarré à 9 h 10 précises. Rendez-vous dans une salle de réception surplombant le paddock, quai Antoine-Ier, où les représentants des médias locaux et régionaux, en pole position, étaient conviés à cuisiner l’enfant du pays sur son début de saison 8 au volant d’une Ferrari ainsi que sur la prolongation de son bail à Maranello dévoilée la veille… et sur l’échéance majuscule se profilant droit devant, naturellement.

Si celui-ci sort d’une séquence nord américaine pour le moins en demi-teinte (8e à Miami, 4e à Montréal), il reste le meilleur des autres dans le sillage des deux étoiles filantes du camp Mercedes : troisième à 56 points du leader Kimi Antonelli, tandis que le chasseur George Russell figure en ligne de mire, avec seulement 13 petites longueurs d’écart. Le sixième virage 2026 mettra-t-il fin, pour lui, à cette longue disette entamée il y a une vingtaine de mois, au lendemain du GP des États-Unis 2024, sa dernière victoire en date. Pas impossible puisque l’atypique toboggan du plus prestigieux des Grands Prix semble taillé sur mesure pour le châssis diabolique de la SF-26.

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Moteur !

Charles, commençons par une question cash concernant la nouvelle prolongation de contrat annoncée ce mercredi : après sept saisons et demie en rouge, quelles sont vos raisons de penser aujourd’hui que vous pourrez un jour coiffer la couronne suprême dans l’habit de lumière Ferrari ?

Devenir champion du monde avec la Scuderia pendant la durée de ce contrat, c’est l’objectif clair et net. Tout simplement parce que je crois au projet. Je crois énormément en Fred (Frédéric Vasseur, le patron français tenant les manettes à Maranello depuis janvier 2023, ndlr). Vous connaissez notre lien, très fort, très spécial. Il a accompagné mon ascension en GP3 Series (champion, en 2016), puis mes débuts en F1 (en 2018, chez Sauber). Aujourd’hui, une belle dynamique est enclenchée, je le sens. Donc je veux poursuivre l’aventure. Et aller au bout de mon rêve.

Le Grand Prix du Canada : un mauvais souvenir ?

Selon vos propres termes, le dernier Grand Prix du Canada fut l’un des pires week-ends de votre carrière. Avez-vous compris pourquoi ?

Avec un peu de recul, je pense que mes mots ont un peu dépassé ma pensée. Finir quatrième, ce n’est pas désastreux. On a quand même pris des bons points là-bas. Comme Melbourne et Shanghai, Montréal ne convient pas à mon style de pilotage. Chaque année, j’essaie de m’adapter, de modifier quelques détails. Pas simple. Lewis (Hamilton), au contraire, s’exprime très bien sur cette piste. Donc le contraste entre lui et moi s’est avéré un peu plus fort que ce à quoi je m’attendais, voilà ! Nous avons analysé en profondeur toutes les données recueillies. Et je vais continuer à travailler dur pour réduire l’écart avec Lewis sur certains tracés.

Le duel avec Hamilton

À propos de votre coéquipier, vous avez marqué 86 points de plus que lui en 2025. Et là, après les cinq premières étapes, il vous talonne à trois petites longueurs. Comment expliquez-vous ce resserrement ?

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L’écart entre nous l’an dernier, il n’était pas normal. Lewis, je le considère comme quelqu’un d’exceptionnel, un pilote extrêmement talentueux. Regardez sa carrière jalonnée de tant de succès, de conquêtes. 2025 fut une saison compliquée pour lui. La réussite lui a souvent tourné le dos, je trouve. Là, au volant de cette F1 de nouvelle génération, il s’est tout de suite senti plus à l’aise. Et puis il connaît mieux le mode de fonctionnement du team. Il a une relation plus fluide avec ses principaux interlocuteurs. De mon côté, j’ai parfois eu du mal à exploiter correctement la SF-26. En Chine, au Canada… Que l’on soit proche l’un de l’autre au classement, chacun cherchant à puiser de la performance, ça va tirer l’équipe vers le haut, sûr et certain.

Monaco : le circuit idéal pour Ferrari ?

Les Mercedes ne tireront guère avantage de leur puissance moteur supérieure sur le tourniquet de Monaco. D’aucuns avancent même que Ferrari rime avec favori ici. Qu’en pensez-vous ?

On est attendu au tournant, paraît-il… (Il sourit) Allez, je vais vous le dire comme je le pense : cette année, notre meilleure chance de gagner, c’est ici. Le paramètre moteur va peser moins lourd, en effet. Tant mieux car il nous manque des chevaux par rapport à Mercedes. Côté châssis, on est plutôt très bien. Mais eux aussi. Bref, le combat pourrait être moins déséquilibré que d’habitude. De là à voir les Ferrari monopoliser les deux premières lignes du classement à la fin de chaque séance, faut pas s’emballer…

Qualifications en vue

À domicile, vous allez enfin boucler de vrais tours qualif’. À fond de bout en bout, non ?

Absolument ! Il n’y a que des virages ici, donc on va beaucoup recharger. Pas de gestion en perspective lors des qualifications. En course, il faudra quand même faire gaffe aux freins. Mais ce samedi, ce sera « full attack » ! Comme j’aime…

Le phénomène Antonelli

Aujourd’hui, l’homme à battre a 19 ans et il s’appelle Kimi Antonelli. Êtes-vous surpris par son début de saison canon jalonné de quatre victoires ?

Kimi, j’ai un œil sur lui depuis ses débuts sur quatre roues, ou presque. Très vite, je me suis rendu compte qu’il pouvait aller haut, jusqu’à se faire une place au soleil en F1. Durant sa saison 1, l’année dernière, en tant que rookie, dans un top team tel que Mercedes, il a beaucoup appris. Franchement, je ne m’attendais pas à le voir franchir un palier aussi haut dès ce printemps. Il produit un boulot exceptionnel. Bon, George (Russell) n’a pas été trop verni en plusieurs occasions. Les 43 points qui les séparent aujourd’hui ne constituent pas un reflet parfait. En observant Kimi, je suis frappé par cette espèce d’insouciance propre à la jeunesse. En piste, il donne toujours le maximum, sans arrière-pensée. Dans une période comme ça où il faut s’adapter à une nouvelle donne technique, c’est une vraie force.

Pour prolonger la lecture : Grand Prix F1 de Monaco, Charles Leclerc...