Le Real Madrid a exprimé, dimanche, sa satisfaction après l'abandon par la FIFA de son projet de vente partielle des droits commerciaux de ses compétitions. Dans un communiqué publié sur ses canaux officiels, le club espagnol a estimé que cette décision constitue « une excellente nouvelle pour le football, ses institutions et, surtout, pour les millions de supporters de notre sport favori ».
Un projet ambitieux retiré sous la pression
Le projet abandonné par la FIFA consistait à créer une société ouverte aux capitaux privés, chargée de gérer les activités commerciales et événementielles de l'instance, y compris la Coupe du monde. Cette initiative, portée par le président Gianni Infantino, visait à maximiser les revenus du football mondial en accueillant des investisseurs extérieurs. Mais elle s'est heurtée à une opposition frontale de l'UEFA et de plusieurs confédérations continentales, qui y voyaient un risque de privatisation des compétitions internationales.
L'UEFA, qui fédère les associations européennes, avait même brandi la menace d'un boycott « à l'unanimité » des prochaines compétitions de la FIFA, y compris le Mondial. Cette position sans précédent, annoncée dans la nuit de vendredi à samedi, a fait plier l'instance mondiale. Le retrait du projet a été officiellement confirmé par Gianni Infantino, dont l'autorité sort affaiblie de cet épisode.
Le Real Madrid rend hommage à l'unité des opposants
Dans son communiqué, le Real Madrid se montre particulièrement reconnaissant envers l'UEFA. « Le Real Madrid salue la décision de la FIFA d'abandonner son projet de vente partielle des droits commerciaux de ses compétitions », écrit le club. « Notre club considère qu'il s'agit d'une excellente nouvelle pour le football, ses institutions et, surtout, pour les millions de supporters de notre sport favori. »
Le géant madrilène exprime également « sa gratitude » envers « toutes les institutions qui se sont fermement et de manière responsable opposées à ce projet ». Il estime que « leur unité et leur sens du devoir ont permis de préserver le football à un moment crucial ». Une prise de position d'autant plus remarquable que le Real Madrid est souvent en conflit avec l'UEFA, notamment sur le dossier de la Super Ligue européenne.
L'UEFA exige une gouvernance renouvelée
De son côté, l'UEFA a profité de sa victoire pour durcir le ton contre Gianni Infantino. Samedi, l'instance a affirmé que le dirigeant italo-suisse avait « perdu la confiance » de l'UEFA et de « nombreux autres membres de la famille du football », appelant à un changement de gouvernance. Cette déclaration, extrêmement virulente, reflète un niveau de tension jamais atteint entre les deux instances.
La menace d'un boycott avait pris une dimension très concrète à l'approche de la Coupe du monde 2026, qui se déroulera aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Sans la participation des équipes européennes, l'événement aurait été dévalué tant sur le plan sportif que commercial. Ce scénario a été évité de justesse.
Une victoire pour l'intégrité du football
Au-delà du rapport de forces, l'abandon du projet de vente partielle des droits commerciaux est perçu comme une garantie pour l'intégrité des compétitions. Les supporters, les joueurs et les clubs ont montré qu'ils ne laisseraient pas les décisions stratégiques être dictées par des intérêts privés. La mobilisation a prouvé que l'unité des institutions peut faire obstacle à des projets jugés dangereux pour l'équilibre du jeu.
Reste à savoir comment la FIFA et son président vont gérer cette défaite. L'UEFA, forte de ce succès, pourrait exiger des réformes structurelles, notamment sur la répartition des revenus et la transparence des décisions. Pour le football mondial, ce retrait marque un tournant : les instances dirigeantes devront désormais composer avec une opposition européenne plus affirmée et plus déterminée.
Le Real Madrid, en prenant la parole, a ajouté un poids symbolique important à cette victoire. En se ralliant à l'UEFA sur ce dossier, il envoie un signal clair : l'avenir du football ne peut pas être sacrifié sur l'autel de la rentabilité financière.



