L'annulation de l'Ironman 70.3 de Nice, décidée par la préfecture en raison de la vigilance orange canicule, n'a pas découragé tous les participants. Sur les réseaux sociaux, un triathlète a lancé un appel à réaliser malgré tout le parcours en autonomie ce dimanche 28 juin. Une initiative qui suscite autant de soutiens que de critiques.
Un appel à un Ironman « off »
« Annulation ? Non merci. » C'est le message publié sur Facebook par Jérémy, plus connu sous le pseudonyme Iron'Pinpon, suivi par 15 000 abonnés. Alors que l'Ironman de Nice qui devait se tenir ce dimanche 28 juin 2026 a été annulé par arrêté préfectoral en raison des fortes chaleurs, le triathlète originaire du Mans propose à ceux qui le souhaitent de prendre le départ à 6h20, plage des Ponchettes à Nice, pour parcourir les distances initialement prévues (1,9 km de natation, 90 km de vélo et 21 km de course à pied), « en autonomie complète », aux côtés de sa compagne Marina, avec laquelle il prépare un Ironman 70.3 aux États-Unis dans trois semaines.
Pour lui, il ne s'agit pas de recréer une course mais de réaliser un entraînement. « On est venus là pour se battre contre nous-mêmes. Il n'y aura pas les speakers, pas l'ambiance, ce n'est pas grave », explique-t-il. Le couple prévoit d'adapter son effort aux conditions météorologiques : « On va le faire en mode gestion, on s'arrêtera aux fontaines, dans les supérettes s'il le faut. »
Un habitué de l'épreuve niçoise
Jérémy est un habitué de l'épreuve niçoise. Il devait participer à son 28e Ironman à Nice et affirme connaître parfaitement le parcours, qu'il pratique régulièrement en accompagnant des athlètes en situation de handicap. Il estime que chacun est libre de s'entraîner : « Techniquement, c'est un entraînement comme tous les dimanches. Il n'y a pas d'organisation derrière. Ceux qui veulent venir viennent, ceux qui ne veulent pas ne viennent pas. »
Le triathlète assure d'ailleurs ne pas chercher à constituer un peloton. « On n'attend personne. S'il y a une ou deux personnes avec nous, tant mieux. Si d'autres font le parcours de leur côté, c'est leur choix. » Il dit toutefois s'attendre à voir « d'autres triathlètes » sur le parcours dimanche matin.
Une initiative qui divise les internautes
Sa publication a rapidement suscité de nombreux commentaires, très partagés. Certains internautes soutiennent son initiative au nom de la liberté individuelle et rappellent que des éditions de l'Ironman se sont déjà déroulées sous des températures comparables. D'autres dénoncent au contraire une démarche qu'ils jugent irresponsable, pointant les risques liés à la chaleur, l'absence de dispositif de secours et le contexte de tension dans les services d'urgence.
Outre le débat moral, la question juridique est omniprésente dans les commentaires. De très nombreux internautes mettent en garde Iron'Pinpon : en proposant ce rendez-vous public, il s'expose à être considéré comme l'organisateur de fait d'une manifestation non déclarée.
Face aux critiques, Jérémy assume pleinement sa position. Il se défend de toute organisation illégale et rappelle qu'il s'agit d'un entraînement informel avec sa compagne Marina, dans le respect du code de la route. Pour lui, l'annulation officielle n'empêchera pas les sportifs de rouler. Pour preuve, il révèle avoir été ajouté à trois groupes de discussion distincts réunissant respectivement 317, 220 et 450 personnes prévoyant de faire le parcours en « off ». « Autant vous dire que je sois là ou pas, dimanche matin la promenade des Anglais sera bondée », conclut-il.
Yves Cordier ne croit pas en « une course sauvage »
Interrogé par Nice-Matin, le président d'Ironman France, Yves Cordier, préfère rester mesuré. « La décision est préfectorale et nous l'appliquons. C'est notre devoir », rappelle-t-il. Il comprend que des sportifs, venus parfois de loin, aient envie d'aller rouler ou courir malgré l'annulation, mais ne croit pas à l'organisation d'une véritable épreuve parallèle. « Je ne pense pas qu'il y aura une course sauvage. Les gens vont faire du vélo comme ils le feraient entre amis. »
Concernant le devenir de l'épreuve, Yves Cordier indique que plusieurs solutions sont actuellement à l'étude pour les athlètes inscrits, sans pouvoir en dire davantage à ce stade. Il appelle les athlètes à patienter. « C'est difficile de réorganiser », reconnaît-il. Les participants seront informés « directement » des solutions envisagées. « Il y aura des solutions multiples », assure-t-il, tout en prévenant qu'elles « ne seront pas 100 % réparatrices ».
Les forces de l'ordre en veille
Du côté des forces de l'ordre, on indique que la situation sera suivie avec vigilance dimanche matin afin de prévenir tout éventuel rassemblement ou problème de sécurité sur le parcours, alors que les routes ne seront pas sécurisées comme elles l'auraient été dans le cadre de l'organisation officielle.



