Un an de prison ferme pour proxénétisme aggravé en Aveyron
Un an de prison ferme pour proxénétisme en Aveyron

Le tribunal correctionnel de Rodez a condamné ce jeudi un homme de 36 ans à un an de prison ferme pour proxénétisme aggravé. Il organisait la prostitution de son épouse et d'une autre femme dans plusieurs villes de France, depuis son domicile à Agen-d'Aveyron. La peine a été assortie d'un maintien en détention, d'une amende de 3 500 euros et de la saisie de 1 400 euros.

Un système bien rodé

L'homme, né en Roumanie, avait fui son pays après des démêlés avec la justice pour trafic de stupéfiants. Il avait ensuite été expulsé d'Angleterre pour une affaire d'extorsion, puis avait vécu en Belgique et en Allemagne avant de s'installer en France en 2021. Il y menait une vie apparemment normale, comme chauffeur routier, avec son épouse et leur enfant.

En 2024, des plaintes de propriétaires d'appartements loués en courte durée à Rodez ont alerté les gendarmes. Des allées et venues incessantes laissaient suspecter de la prostitution. Les enquêteurs ont remonté jusqu'à une annonce sur un site dédié, où la jeune femme photographiée était son épouse.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un réseau de villes

Les surveillances et écoutes ont révélé une mécanique bien huilée : lui restait au domicile familial, elle voyageait. Les villes concernées incluaient Rodez, Millau, Figeac, Sarlat, Brioude, Issoire, Bergerac, et jusqu'à Béthune, à plus de 900 kilomètres. L'homme réservait les appartements à la dernière minute, suivait les déplacements, commandait les repas sur Uber Eats. Les comptes bancaires montraient des dépôts d'espèces, des achats de cryptomonnaies, un food-truck à 10 000 euros, et des mises sur des jeux en ligne.

L'enquête a été relancée lorsqu'une deuxième femme, également Roumaine, est apparue. Il était allé la chercher à l'aéroport de Toulouse-Blagnac après un vol d'Alicante, en Espagne. Elle s'est installée au domicile aveyronnais et s'est prostituée à son tour. Les enquêteurs ont intercepté un SMS de l'épouse se plaignant que "la nouvelle fait beaucoup plus d'argent que moi".

Des déclarations contradictoires

En garde à vue, l'homme a d'abord nié, affirmant ne pas savoir que c'était interdit. Il a fallu quatre auditions pour qu'il reconnaisse les faits. Son épouse a assuré se prostituer "par choix", ne relevant "aucune contrainte". La deuxième femme a refusé de déposer plainte.

À la barre, l'homme a maintenu sa ligne : "Cela servait à payer la maison… On n'a pas fait de folies." Il a déclaré gagner 700 euros par semaine, tandis que son épouse en déclarait environ 1 500. La présidente du tribunal, Blandine Arrial, a répliqué : "Je ne connais pas de prostituées qui travaillent bénévolement, Monsieur. Et l'on sait que dans ces appartements, l'activité c'est 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 !"

Une qualification de criminalité organisée

La procureure Esther Paillette a requis 18 mois ferme avec mandat de dépôt et 3 000 euros d'amende. Elle a souligné les contradictions entre les versions : l'homme ne connaissait pas le prénom de son épouse en garde à vue, et les récits de leur rencontre différaient. Elle a estimé que ces faits s'inscrivaient "dans la criminalité organisée", notant que "la prostitution et la traite d'êtres humains sont particulièrement lucratives".

La défense, assurée par Me Marius Badescu, a plaidé le choix de la femme et l'absence de violence ou contrainte. Il a conclu sur l'enfant du couple, atteint d'autisme sévère : "Vous ne condamnez pas juste un homme. Vous condamnez toute une famille."

Le tribunal a finalement condamné l'homme à un an de prison ferme, avec maintien en détention, 3 500 euros d'amende et la saisie des 1 400 euros trouvés lors de la perquisition. Dans la salle, l'épouse a quitté le tribunal sans un bruit, aux côtés de sa belle-mère.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale