À moins de deux mois de l'élection présidentielle de la FIFA, prévue le 5 février 2027, le président sortant Gianni Infantino voit son socle de soutiens se fissurer. Plusieurs fédérations nationales, parmi lesquelles l'Angleterre, le pays de Galles, la Suède et la Serbie, ont officiellement annoncé qu'elles ne soutiendraient pas sa candidature à un nouveau mandat. Cette décision, révélée par des sources concordantes, marque un tournant dans la campagne électorale.
Un retrait coordonné
Selon des informations publiées par le quotidien britannique The Times, ces fédérations ont notifié leur décision à la FIFA dans un courrier commun daté du 2 août. Elles invoquent des « préoccupations persistantes » concernant la gouvernance de l'instance, la transparence des décisions et la gestion des droits humains lors des grands événements, notamment la Coupe du monde 2022 au Qatar.
L'Angleterre, dont la fédération est l'une des plus influentes du football mondial, avait déjà exprimé des réserves par le passé. La Suède, pays attaché à la transparence, et la Serbie, pourtant proche de certains intérêts de l'actuel président, rejoignent le mouvement. Le pays de Galles, plus modeste, suit également.
Un impact potentiel sur le scrutin
Si ces quatre fédérations ne représentent qu'une voix chacune lors du congrès électoral, leur poids symbolique est considérable. Elles pourraient inciter d'autres associations nationales, notamment en Europe, à revoir leur position. Sur les 211 fédérations membres, seules 4 se sont officiellement désistées, mais le mouvement pourrait faire tache d'huile.
Un ancien membre du comité exécutif de l'UEFA, cité par le journal, estime que « ces retraits sont un signal fort adressé à Infantino : la méthode autoritaire et le manque de concertation ne passent plus. Les fédérations veulent un vrai débat de fond sur l'avenir du football mondial. »
Infantino, candidat à sa propre succession
Gianni Infantino, en poste depuis 2016, a officialisé sa candidature pour un troisième mandat complet (il avait été élu en 2016, réélu en 2019, et avait prolongé son mandat en 2023 dans des conditions contestées). Il bénéficie encore du soutien affiché de nombreuses fédérations d'Afrique, d'Asie et d'Océanie, mais l'Europe, qui pèse près d'un tiers des voix, lui est de plus en plus hostile.
La date limite pour le dépôt des candidatures est fixée au 16 novembre. Pour l'heure, seul l'ancien secrétaire général de la FIFA, Jérôme Valcke, a laissé entendre qu'il pourrait se présenter, mais sans confirmation officielle. Aucun autre candidat déclaré pour l'instant.
Une gouvernance contestée
Les critiques portent notamment sur la gestion des droits de diffusion, l'augmentation du nombre de matchs (avec la nouvelle Coupe du monde des clubs à 32 équipes), et l'opacité entourant les contrats de sponsoring. En 2022, une enquête interne avait épinglé des manquements éthiques, sans suite judiciaire.
La fédération anglaise (FA) a précisé dans un communiqué que « cette décision n'est pas prise à la légère, mais elle est nécessaire pour préserver l'intégrité du football mondial ». La fédération suédoise a abondé, évoquant « un besoin urgent de réformes structurelles ».
Quelles conséquences pour le football ?
Si le mouvement s'amplifie, la réélection d'Infantino pourrait être compromise. Il lui faut 50% des voix plus une. Les fédérations européennes représentent 55 voix, soit environ 26% des suffrages. Un front européen uni pourrait faire basculer l'élection, d'autant que certaines fédérations sud-américaines, comme celle du Brésil, ont émis des doutes.
Le prochain congrès de la FIFA, qui se tiendra à Kigali, au Rwanda, sera décisif. D'ici là, les candidatures devront être déposées et des alliances se nouer. Les prochaines semaines s'annoncent mouvementées pour l'instance dirigeante du football mondial.



