Hugo Munoz, l'entraîneur emblématique de l'AS Béziers, a disputé son dernier match à la tête du club ce week-end. Entouré de ses adjoints Julien Diez et Mickaël Pace, il a offert une victoire spectaculaire 7-6 face au Gallia Club Lunel, mettant fin à onze années de passion et de dévouement.
Une fin de saison en beauté
Malgré l'absence d'enjeu comptable, Munoz tenait à terminer sur une note positive. "J'avais vraiment envie de bien terminer. C'était un match pour se faire plaisir, sans beaucoup d'intensité mais très ouvert. Avant le coup d'envoi, j'ai dit aux joueurs : 'D'habitude, je vous demande de jouer comme si c'était votre dernier match. Aujourd'hui, jouez parce que c'est vraiment le dernier.'"
Cette victoire permet à Béziers de finir devant des équipes aux budgets plus conséquents, malgré quatre points de pénalité. "Il fallait être patient avec la jeunesse de cet effectif", souligne-t-il.
Les doutes d'une saison difficile
La saison n'a pas été un long fleuve tranquille. "Quand on se retrouve dans la zone de relégation, on doute. La peur s'installe, avec son lot d'angoisses. Mais avec Julien, c'était inconcevable de faire descendre le club de notre ville."
Faute de recrutement, l'équipe a dû s'appuyer sur les U18, qui jouaient également leur championnat. "Nous y sommes arrivés tous ensemble, avec solidarité et caractère. Ce que nous avons réalisé avec ces jeunes est énorme."
Pourquoi partir après onze ans ?
Munoz compare son départ à une histoire d'amour : "Le plus important, c'est qu'elle se finisse bien. Parfois, tu t'aperçois que tu as fait le tour, que les murs deviennent trop petits et que la routine s'installe. J'avais besoin de couper pour prendre du recul et voir autre chose."
Il ignore si Béziers pourra construire un projet à long terme : "Le club a peut-être besoin d'idées nouvelles."
Souvenirs et regrets
Parmi ses plus grands souvenirs, il cite le match au stade de la Méditerranée, "le Graal pour un Biterrois", et la montée en National 2 obtenue à vingt secondes de la fin. Cette montée, refusée pour des raisons administratives, reste son plus grand regret. "Je suis convaincu que nous aurions pu faire quelque chose de grand. Béziers n'est pas à sa place aujourd'hui, le club doit évoluer en National 2 ou National 3 minimum."
L'avenir d'Hugo Munoz
Déjà sollicité, Munoz cherche un projet ambitieux : "Je cherche un club avec une forte identité, qui veut grandir sur deux ou trois ans et intégrer les jeunes. J'ai besoin d'entraîner, c'est ce qui m'anime. Je sais qu'après un mois loin des terrains, le manque se fera sentir."
Il conclut avec émotion : "Ce n'est pas un adieu, juste un au revoir."



