Premier adversaire européen de l'AS Monaco, ce jeudi soir et le 27 août, Gornik Zabrze est plutôt méconnu en France. À Zabrze depuis début 2026, le Français Yvan Ikia Dimi présente le club polonais.
Lukas Podolski, une part d'enfance
Lukas Podolski a fini sa carrière au club et y a investi. Champion du monde en 2014, l'Allemand n'avait jamais évolué en Pologne avant de boucler la boucle avec cinq saisons à Gornik Zabrze, club basé à moins de 10 km de sa ville natale, Gliwice. Avant de prendre sa retraite en juillet dernier, le numéro 10 avait racheté des parts de son club de cœur.
« Quand il jouait encore, tu n'avais pas le droit d'être en dessous parce qu'il ne t'en laissait pas la possibilité, décrit Yvan Ikia Dimi, ailier français lancé en pro par Omar Daf à Amiens. Il nous montrait le chemin à suivre. Il continue en tant qu'actionnaire : il se déplace parfois avec nous, nous parle beaucoup… » Et fait, aussi, parler de son club.
Une troisième coupe d'Europe au menu
L'AS Monaco va disputer son premier match officiel, Gornik son neuvième. « Nos jambes sont déjà échauffées, sourit Yvan Ikia Dimi. On a commencé par trois victoires en championnat. On a fait quelques contre-performances à l'extérieur en coupe d'Europe, mais aussi de très bons matchs à domicile. »
Le club a lancé sa saison avec la supercoupe de Pologne (16 juillet) et disputé quatre matchs de coupe d'Europe en plus du championnat (Fenerbahçe, préliminaire de Ligue des champions, et Ferencvaros, préliminaire d'Europa League). « Monaco, ce n'est pas le genre d'équipe qu'on a l'habitude d'affronter. Il n'y a pas d'équipe comparable ici. »
Michal Gašparík connaît la maison
Vu de l'Hexagone, Michal Gašparík est à ranger dans la catégorie des inconnus. À 44 ans, le Slovaque est pourtant considéré comme un coach prometteur en Pologne. Essentiellement disputée en Slovaquie, en République tchèque et en Pologne, sa carrière de joueur l'a ensuite mené sur les bancs de ses anciens clubs. D'abord au Spartak Trnava (Slovaquie), ensuite à Gornik Zabrze.
« Le coach a une notion du foot assez précise, avec un jeu un peu à l'italienne, très tactique. Sa manière de travailler m'a impressionné : l'année passée, je nous trouvais presque injouable tactiquement ! Il fait du très bon boulot. » Le club reste sur une victoire en coupe de Pologne et une deuxième place en championnat.
L'Arena Zabrze risque de chauffer
Les tribunes polonaises sont réputées chaudes. Les groupes ultras ne sont pas vraiment du genre à plaisanter. Et les fans de Gornik Zabrze sont dans cette « norme ». « Ici, je dirais que le football est comme une religion. Il y a une ferveur incroyable, c'est impressionnant ! Fumigènes, chants… Les supporters sont très bruyants. Je ne sais pas ce que ça donne à la TV, mais sur le terrain ça fait du bien. C'est un spectacle de venir voir un match à Gornik ! »
S'il est difficile de le comparer avec un club français, Gornik Zabrze pourrait se « classer » derrière le Legia Varsovie et Lech Poznan dans la hiérarchie nationale. « Il y a une vraie culture, une forte identité locale. Les supporters sont très attachés au club, indépendamment des périodes sportives. Peu leur importe que ce soit les vacances ou autre. » Ce soir, ça devrait bouillir.
Des Polonais mais pas uniquement
Les dirigeants sont loin de miser uniquement sur la filière locale. Lors du match retour face à Ferencvaros, le 13 août, les 11 joueurs alignés étaient de 10 nationalités différentes : deux Polonais, un Allemand, un Tchèque, un Espagnol, un Dominicain, un Portugais. « Chacun vient avec ce qu'il a appris et la culture de son pays, c'est bénéfique pour tout le monde. »
À 21 ans, l'international polonais Kacper Urbanski (11 capes) est un jeune talentueux. « Il peut jouer partout : il est très à l'aise en numéro 6, utile à l'équipe en numéro 8… Il est très performant ! » Yvan Ikia Dimi est accompagné par l'ex-Burgien Bastien Donio pour « représenter » la France dans le vestiaire. Derrière, l'Espagnol Josema a évolué à Sochaux.



