Rudy Molard : « J’ai toujours préféré une Vuelta au Tour de France »
Rudy Molard : « J’ai toujours préféré une Vuelta au Tour »

À 36 ans, Rudy Molard (Groupama-FDJ United) s’apprête à prendre le départ de sa huitième Vuelta, ce samedi 22 août 2026 à Monaco. Souvent placé mais jamais vainqueur sur une étape de Grand Tour, le coureur azuréen garde intacte l’envie de décrocher enfin ce succès. Dans un entretien accordé à Nice-Matin, il revient sur sa saison contrastée, sa préparation perturbée et son affection particulière pour le Tour d’Espagne.

Une saison marquée par les pépins de santé

Rudy Molard dresse un bilan mitigé de son année 2026. « J’étais en grande forme pendant l’hiver, puis je suis tombé malade à Oman en février, et de nouveau début avril. Deux bronchites où j’ai toussé pendant longtemps, deux mois de perdus, où il faut cravacher pour revenir », explique-t-il. Malgré ces contretemps, il a signé un Top 10 au Finistère et une 5e place sur la première étape du Dauphiné (Tour Auvergne-Rhône Alpes). « Le bilan est quand même positif. Malheureusement, il faut être à 100 % au niveau de la santé si on veut s’exprimer », ajoute-t-il.

Le 6 août dernier, il abandonne le Tour de Pologne sans prendre le départ de la 5e étape. « J’ai été pris dans la chute massive de 40 coureurs sous la pluie à 40 km de l’arrivée, lors de la 4e étape. Je l’ai quand même finie, mais j’avais du mal à marcher correctement. Et comme la Vuelta arrivait derrière, j’ai préféré me retirer », raconte-t-il. Les examens n’ont révélé aucune fracture, seulement des genoux touchés et un gros hématome à la hanche, désormais supportable. « Ça va déjà beaucoup mieux », assure-t-il.

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Un Grand Départ à Monaco, « une expérience unique »

Le départ de la Vuelta depuis Monaco revêt une signification particulière pour le Tourrettan. « Je n’aurais jamais imaginé un jour faire une Vuelta qui part presque de chez moi. Ça va être une belle expérience à vivre, surtout pour ceux qui habitent ici. Le départ devant le Casino, ça va faire des images magnifiques. C’est le genre de départ dont on se souvient », s’enthousiasme-t-il.

La deuxième étape, la plus longue avec 215 km, traverse les Alpes-Maritimes et le Var, un terrain qu’il connaît par cœur. « Là non plus, la Vuelta qui passe à 15 kilomètres de chez moi, je n’aurais jamais imaginé », confie-t-il. Il redoute toutefois la chaleur : « Le risque, c’est d’avoir une étape très chaude d’entrée, de finir déshydraté dès le début d’une course de trois semaines, et de mettre plusieurs jours à récupérer. »

Un parcours très montagneux et une huitième Vuelta

Le tracé de cette édition s’annonce particulièrement difficile, avec près de 58 000 mètres de dénivelé. « C’est assez inédit. Le sud de l’Espagne, je ne l’ai jamais fait comme ça sur la Vuelta. Il y a presque 58 000 m de dénivelé, c’est un tracé très difficile. Je pense que c’est l’un des Grands Tours les plus durs que j’ai connus en termes de dénivelé, ce sera particulier », analyse Molard.

Pour sa huitième participation, il confirme sa préférence pour la Vuelta : « Oui, c’est le Grand Tour que je préfère. Il y a beaucoup d’échappées, de batailles, de mouvements de course. Avec la chaleur, on ne se pose pas trop la question de comment s’habiller, comme au Giro, c’est plus simple. Il y a aussi la distance des étapes. Souvent, c’est 160 km : du début à la fin, on lutte pour prendre des échappées et on ne s’ennuie jamais. » Il ajoute : « En tant que coureur, j’ai toujours préféré une Vuelta au Tour de France. »

Objectif : jouer les étapes et oublier le général

Molard se voit dans un rôle d’équipier pour le leader Guillaume Martin, mais avec une ambition claire : « Mon objectif, c’est de jouer les étapes au maximum et d’oublier vraiment le général, ce n’est pas quelque chose qui m’intéresse. C’est une course où l’on peut se permettre d’être offensif, alors je vais essayer de prendre le plus possible des échappées, sur le maximum d’étapes. Il y a toujours un facteur chance parce que parfois, la bonne échappée met deux heures à sortir, mais il faut toujours y croire. »

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Interrogé sur les performances de Groupama-FDJ United, qui ne compte que 7 victoires cette année dont une seule en World Tour, il relativise : « C’est sûr qu’on va essayer de faire un meilleur Grand Tour que les deux précédents. On a quand même une équipe solide au départ, avec des gars que j’ai vraiment trouvé super motivés récemment pendant le stage à Tignes. La dynamique était bonne, et c’est souvent un Grand Tour qui sourit assez bien à l’équipe. »

Quant à Tadej Pogacar, grand favori, Molard est lucide : « Sauf pépin, non. Pour moi, c’est le favori numéro un, de loin. J’espère simplement qu’il va laisser des opportunités, qu’il ne va pas autant cadenasser qu’au Tour. Quand on joue les échappées, on a envie qu’il en laisse un peu aux autres (rires). Après, à sa place, je voudrais aussi gagner des étapes. D’un côté, c’est dommage parce qu’il est tellement fort qu’il écrase la course. Mais d’un autre, on va beaucoup parler de la Vuelta parce qu’il sera là. »

À la question d’une possible victoire d’étape, Molard répond : « C’est toujours ce dont j’ai eu envie au début de ma carrière. Briller sur une étape de Grand Tour, je n’y suis jamais parvenu. Je sais que c’est un peu ambitieux, mais je garde ça dans un coin de ma tête. Je ne pars pas défaitiste, sinon je ne serais pas au départ. Même si je sais que ce sera dur, je vais tout tenter pour essayer. On ne sait jamais. Pour l’équipe aussi, une nouvelle victoire sur un Grand Tour, ce serait super pour notre saison. »