Finale Top 14 : le décryptage de Jean-Baptiste Elissalde pour Montpellier-Toulouse
Finale Top 14 : Elissalde décrypte Montpellier-Toulouse

Jean-Baptiste Elissalde, l'un des rares entraîneurs à avoir remporté le Top 14 avec deux clubs différents – Toulouse (2011, 2012) et Montpellier (2022) – livre son analyse avant la finale qui oppose ces deux équipes samedi 27 juin au Stade de France. Pour Midi Libre, il décrypte les leviers que le MHR doit activer pour l'emporter.

Un match parfait nécessaire

Selon Elissalde, Montpellier doit réaliser une copie quasi parfaite, ce qui n'a pas été le cas en demi-finale contre le Stade Français (25-15). Il pointe des jeux au pied trop longs et un manque de réalisme près des lignes. Pour rivaliser avec Toulouse, il est impératif de contraindre les Toulousains à un jeu plus lent en attaquant les rucks, mais sans s'y consumer, ce qui ouvrirait des espaces. Le MHR doit s'appuyer sur ses points forts : la conquête directe, la touche et la mêlée, comme il l'a fait à Bordeaux (21-23) et au match aller contre Toulouse (44-14). Les joueurs clés sont Bécognée, Uelese, Erdocio et autres, qui doivent imposer leur rythme. « Si tu arrives à te mettre à ton rythme, pas celui de Toulouse, tu as une chance d’exister », résume-t-il.

Une préparation simplifiée

Elissalde estime que Montpellier n'a « pas grand-chose à perdre », ce qui simplifie la préparation. En 2022, la finale Montpellier-Castres opposait deux équipes surprises ; cette fois, Toulouse est le grand favori. Le staff de Joan Caudullo doit se concentrer sur la meilleure version de son équipe, en évacuant l'émotionnel dès le début de la semaine. Des joueurs comme Bécognée, Vunipola, Verhaeghe, Forletta et Vincent ont déjà connu des finales. « Après, c’est un match de rugby comme les autres », ajoute-t-il.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Toulouse, un favori bien préparé

Les Toulousains sont « paramétrés pour ce genre d’événement », selon Elissalde. Malgré les doutes évoqués depuis un mois et demi, ils se sont préparés intensément : pas de Coupe d'Europe, préparation physique, stage. Le résultat s'est vu en demi-finale (71-17 contre le Racing 92). Il souligne que si Montpellier encaisse deux essais sur les trois premières touches et que Toulouse ne plaque que neuf fois dans les vingt premières minutes, comme contre le Racing, il n'y a rien à espérer. Le problème n'est pas l'adversaire, mais la capacité à produire sa meilleure version et à insister sur ses forces : rucks, touches, mêlées. « Tout ce que tu as bien fait toute l’année, tu dois le faire encore mieux. Les points faibles, il ne faut pas trop en parler. Toulouse va essayer de laisser le ballon sur le terrain pour éviter les ballons portés », explique-t-il.

Les clés du match

Elissalde critique les jeux au pied trop longs d'Ali Price en demi-finale, qui ne sont pas possibles contre Toulouse. Si Price tape pour contester le ballon en l'air, ses coéquipiers doivent monter pour être à la retombée ; sinon, il faut taper très loin. En cas de touche, la défense doit être bétonnée sur les ballons portés. Il insiste aussi sur le travail des centres : les Toulousains dézonent beaucoup, faisant jouer les avants pour épuiser la défense et laisser le temps aux trois-quarts de se relever. Les trois-quarts de Montpellier doivent faire de même pour que les rapides se retrouvent face à des rapides. Il pense que le préparateur défensif Geoffrey Doumayrou l'a vu. Sa préparation mentale consisterait à rappeler les succès passés : « Regardez le match contre Bordeaux, on a imposé notre rythme et nos points forts, c’est passé. Contre Toulouse à la maison, pareil. Pourquoi ça n’arriverait pas encore ? Parce qu’on est au stade de France ? Non, c’est un match comme les autres. »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Réalisme et adaptation

En 2022, la finale était équilibrée (50-50). Montpellier était la surprise, Castres avait fini premier. Elissalde savait comment Castres défendrait, et Montpellier a surpris en gardant le ballon 25 minutes. Cette fois, il n'y a pas d'adaptation possible : Toulouse est meilleur dans beaucoup de domaines. « Comment tu luttes contre la force de l’habitude ? En faisant ce que tu sais faire », dit-il. Enfin, le réalisme sera crucial : contre Paris, Montpellier est entré quatre fois dans les 22 mètres entre la 45e et la 60e minute sans tuer le match. « Là, tu le reprendras dans la gueule. Toulouse, sur un coup de patte, sur un exploit, même quand ça ne va pas, ils peuvent t’avoir », conclut-il.